Racheté par Comcast, StickyAds poursuit sa conquête américaine

“J’ai la voix cassée, car hier, on a beaucoup fait la fête. Il faisait beau, et Montpellier est une ville très… festive”, prévient Hervé Brunet, le patron de StickyAds, une start-up qui a créé une plateforme permettant aux médias de vendre de la publicité pour leurs vidéos en ligne.

Si toute son équipe d’ingénieurs levait le coude, c’était pour célébrer le rachat de sa société, StickyAds, par le géant américain des télécommunications Comcast.

Le montant évoqué par Business Insider est “d’au moins 100 millions de dollars”. “Je ne peux pas commenter. Il y a ce montant qui a circulé, mais d’autres sources disent plus…”, répond le patron de StickyAds, qui emploie 110 personnes, principalement en France (à Paris et Montpellier), mais aussi à New York et dans quelques villes d’Europe. Lancée en 2009, la start-up compte 7 000 clients.

Pour Hervé Brunet, qui a déménagé à New York en août 2015 avec sa femme et ses deux enfants pour développer StickyAds aux Etats-Unis, se faire racheter était la meilleure suite possible.“Il y a un gros mouvement de consolidation dans l’ad-tech, avec des acteurs gigantesques. Il fallait nous adosser pour réussir sur ce marché. Comcast, c’est un acteur énorme, leur chiffre d’affaires est équivalent à celui de Google !”

Le rachat n’est pas réalisé directement par Comcast, mais par FreeWheel, une start-up californienne acquise par le cablo-opérateur en 2014 pour 350 millions de dollars. “Avec FreeWheel, on avait signé un partenariat en septembre 2015, explique Hervé Brunet. Cela nous a donné l’occasion de mieux se connaitre et de voir qu’on avait des synergies fortes.”

Dans les faits, FreeWheel et StickyAds font à peu près la même choses, sauf que StickyAds permet aux médias de vendre leurs espaces de manière programmatique (automatique), “aux enchères, en temps réel, en créant une place de marché”, décrypte Hervé Brunet. “L’idée, c’est qu’à termes, nos deux technologies soient intégrées. A nous deux, on couvre l’ensemble des besoins de nos clients.” Des clients qui ne sont pas les mêmes : StickyAds est surtout implanté en Europe, avec des bureaux à Hambourg, Madrid, Amsterdam ou Milan, tandis FreeWheel opère essentiellement aux Etats-Unis.

“On est content d’avoir réussi, car ce n’est pas facile pour des Américains de racheter une boite francaise. Il y a des différences de législations, les documents sont en français, il faut des avocats des deux côtés de l’Atlantique…. Mais c’est faisable pour des start-ups qui ont une bonne traction et de la valeur ajoutée”, estime Hervé Brunet. “Je ne sais pas si nous sommes précurseur d’une tendance, en tout cas, j’espère que l’on va dépasser le traumatisme de l’échec du rachat de Dailymotion par Yahoo !”

Dans tous les cas, Hervé Brunet gardera ses équipes en France – tandis que le nombre de ses salariés à New York devrait passer de six actuellement à une vingtaine d’ici la fin 2016.