Pourquoi le personnel médical aux US porte la blouse dans la rue?

Impossible de passer à côté: aux Etats-Unis, le personnel médical se balade en blouse dans la rue. Pas très hygiénique tout ça. Pourquoi cette drôle de pratique ? C’est la question bête de la semaine.

Les blouses, ou “scrubs”, sont très communs aux Etats-Unis. Avant leur apparition, au XXe siècle, seules les infirmières devaient porter un uniforme – une robe blanche. Les chirurgiens, eux, n’avaient aucune consigne particulière en la matière. Dans les années cinquante, les médecins et leurs assistants portaient une blouse uniquement dans le bloc opératoire, et avaient un vestiaire pour se changer.

Pour Elaine Schattner, médecin et professeur au Weill Cornell Medical College à New York, la raison principale pour laquelle le personnel et les médecins ne se changent pas est le manque de temps. “Quand vous n’avez que 30 minutes pour manger, vous choisissez la solution de facilité.

Pourtant, les questions vont bon train. Y-a-t-il risque de contamination ? Dans un article du New York Times datant de 2008, une étude du New York Hospital Medical Center du Queens confirmait que près de 50% des cravates des médecins sont des réservoirs à microbes. Selon The Atlantic, sur 135 médecins et infirmières, huit sont susceptibles de transmettre le staphylocoque doré (ou MRSA en anglais) à travers leur blouse (statistiques de 2012).

Au-delà des chiffres, je trouve que garder sa blouse en dehors de l’hôpital reste une très mauvaise idée, affirme Elaine Schattner. La procédure – et le bon sens ! – veut qu’on se lave les mains et change de vêtements tous les jours. Non seulement pour éviter tout risque de contamination à l’extérieur, mais aussi pour éviter de ramener des bactéries à la maison.”

Mais pour l’auteur d’un chirurgien à la retraite, auteur anonyme d’un blog appelé Skeptical Scalpel, le risque de contamination est omniprésent dès lors que l’on travaille dans un hôpital, “scrub” ou non. “En réalité, il n’y a pas vraiment de danger, explique-t-il. Il n’existe pas de preuve que quelqu’un puisse attraper une bactérie de cette façon. Ce qui est ennuyeux, ce sont les réactions que ce comportement suscite. On lit des dizaines d’articles, de journaux qui s’indignent des ‘scrubs’ et cela renvoie une mauvaise image des hôpitaux.”

Difficile pour autant de faire évoluer les mentalités. “Il y a plus de 500 hôpitaux aux Etats-Unis, et la plupart n’ont pas les moyens d’acheter une machine à laver ou un vestiaire“, raconte l’ex-chirurgien. Le New York Times ajoute que certains hôpitaux ne peuvent même pas fournir de blouses ou de chaussures au personnel, faute de budget.