Qu’est-ce que je risque à fumer du cannabis à San Francisco ?

Cela n’échappe aux narines de personne. Dans certaines rues de San Francisco, berceau du mouvement hippie, plane dans l’air une vague odeur de marijuana. Mais est-ce pour autant autorisé de fumer un joint dans les lieux publics ?

« Fumer publiquement du cannabis est très courant en Californie », explique Chris Conrad, expert judiciaire en culture et consommation de cannabis. Pourtant, consommer de la marijuana à usage récréatif n’est toujours pas légal en Californie, contrairement aux États voisins de l’Oregon et de Washington. Après avoir rejeté la légalisation du cannabis en 2010, les électeurs californiens s’apprêtent, en novembre, à voter à nouveau pour autoriser ou non « les personnes de plus de 21 ans à acheter une once (environ 30 grammes) de marijuana ou des produits à base de cette drogue », indique le texte de la proposition 64.

Du délit à la contravention

Entre 1976 et 2010, fumer et posséder de la marijuana (moins de 28 grammes) était « considéré comme un délit passible d’une amende de 100 $, inscrit sur le casier judiciaire du contrevenant ». En 2010, la proposition de loi 1449 du Sénat a ramené ce délit au rang de contravention. « L’amende est toujours de 100 $ mais la contravention ne figure plus sur le casier judiciaire du contrevenant. Et en général, les policiers ne verbalisent pas les fumeurs », constate Chris Conrad.

L’usage médical

En 1996, la Californie a été le premier État américain à autoriser la consommation et la culture du cannabis à des fins médicales, avec l’adoption de la Proposition 215, également appelée “Compassionate Use Act” . Le « malade » doit souffrir d’une « serious medical condition » pour avoir une « Medical Marijuana Identification Card (MMIC) » s’il veut consommer du cannabis sans être inquiété. La carte est délivrée par le Département de la Santé publique de Californie à l’issue d’une consultation (environ 100 $) auprès d’un médecin agréé. Des petits problèmes d’anxiété et de sommeil suffisent à justifier le recours au cannabis…

La Medical Marijuana Identification Cards (MMIC), l’autre carte verte américaine. (Crédit : Klervi Drouglazet)
La Medical Marijuana Identification Cards (MMIC), l’autre carte verte américaine. (Crédit : Klervi Drouglazet)

 Le « patient » est donc autorisé à se promener dans la rue avec « 8 onces (226 grammes) de cannabis sur lui » et de « cultiver 6 pieds en floraison et 12 plants en croissance », explique le site Meadow, considéré comme « l’Uber de la marijuana ». La MMIC ne donne pas pour autant le droit au fumeur d’allumer impunément un joint dans un lieu public.

« Fumer du cannabis fait partie du mode de vie californien depuis les années 60, particulièrement à San Francisco ou Oakland. Et la marijuana est beaucoup plus tolérée que le tabac », souligne Chris Conrad. Si la proposition 64 est adoptée en novembre, fumer du cannabis (et même du tabac) dans les lieux publics restera tout de même passible de 100 $ d’amende à San Francisco.

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Photo du profil de Klervi Drouglazet
Jeune journaliste bretonne, Klervi a écrit ses premières lignes dans les pages du journal Ouest-France avec qui elle continue de collaborer. Après des études de Sociologie et de journalisme, elle a vécu six mois à Athènes puis a traversé les États-Unis en auto-stop pour finalement poser son clavier à San Francisco en août 2016.
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