Qu’est-ce que je risque à boire de l’alcool dans les parcs à New York ?

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Avec le retour des beaux jours, vous êtes tentés par un verre de rosé ou une bière au soleil dans un parc ? Malheureusement, votre apéro devra rester « soft ». Dans la ville de New York comme dans la majeure partie des Etats-Unis, la consommation d’alcool sur la voie publique – dont bien sûr les parcs – est strictement interdite.

Et avant même de vous interpeller en train de boire ou en état d’ébriété, il suffit à un agent de police de vous voir « en possession d’un récipient ouvert contenant une boisson alcoolisée » pour présumer que vous allez la consommer et vous en tenir rigueur, selon le code administratif de la ville de New York.

Si techniquement, la pratique du « brownbagging » s’est répandue dans le but de cacher une bouteille dans les fameux sacs en papier marron, le credo du « pas vu, pas pris » reste un mythe et ledit sac en papier risquera davantage de souligner que de dissimuler son contenu douteux.

Certes, la loi est stricte mais la sanction a été assouplie en 2016, à l’initiative du maire démocrate de New York (toujours en poste) Bill de Blasio. Pour désengorger la cour pénale de la ville qui a émis quelque 150.000 convocations à comparaître en 2015 pour « certains petits délits non violents » comme boire sur la voie publique, uriner dans la rue, rester dans les parcs après leur fermeture ou encore jeter ses déchets par terre, le conseil municipal de New York a décidé d’adopter une réforme de dépénalisation, le Criminal Justice Reform Act (CJRA).

Résultat : l’amende reste de 25 dollars, comme prévu par la loi de 1979 à l’origine de cette chasse aux buveurs de rue. Cependant, l’infraction est traitée par la cour civile de New York et non plus par la cour pénale. Le contrevenant peut donc s’acquitter de sa contravention en ligne ou par courrier auprès de The Office of Administrative Trials and Hearings sans se présenter devant un tribunal. Le délit n’apparaît pas dans son casier judiciaire et n’a donc aucune incidence sur son visa s’il est expatrié.

« Des milliers de convocations étaient envoyées chaque année pour ce type de délits, qui affectaient de façon disproportionnée les personnes pauvres de couleur, déplorait le conseil municipal dans un bilan en 2017, un an après la ratification de la réforme. Beaucoup de gens devaient prendre un jour de congés pour se présenter devant la cour. Et si quelqu’un venait à manquer son audience, un mandat d’arrêt était émis contre lui », précisait le conseil.

De ce point de vue, la réforme semble être efficace. Selon les derniers chiffres de la police de New York, seules 30 personnes ont été convoquées devant la cour pénale en 2018 (contre 2.707 personnes dix ans plus tôt et 1.033 en 2016) pour consommation d’alcool en public. Pour l’heure en 2019, seules trois convocations sont recensées.

Attention cependant, si un agent de police vous interpelle en état d’ébriété ou vous perçoit comme une menace, il peut vous sanctionner plus sévèrement. A noter également que cette législation ne concerne que les cinq “boroughs” de New York (Manhattan, Brooklyn, Queens, le Bronx et Staten Island). L’Etat du New Jersey, qui interdit lui aussi la consommation d’alcool dans les parcs et forêts d’Etat, prévoit une amende de 74 dollars.

Si vous êtes fans d’apéro en plein air, pas de panique. Vous pouvez bien sûr vous rabattre sur les nombreux espaces extérieurs où la consommation d’alcool est autorisée, comme les terrasses et autres « biergarten » dont les New-Yorkais raffolent.