Prynt, la start-up qui veut marier Polaroïd et réalité augmentée

Rien ne vaut un selfie pour expliquer la start-up Prynt. «C’est pour le boulot», se défendent en riant ses deux fondateurs, David Zhang et Clément Perrot, 25 ans, alors qu’une mini photo s’imprime depuis le Pryntcase, la coque dans laquelle ils ont glissé un smartphone.

Prynt commercialise en ce mois de décembre les 15.000 premières unités de ce boîtier qui transforme les smartphones en polaroïdes. La start-up développe aussi une application qui fait revivre ces mini photos papier : scannées par un smartphone, elles s’animent et rejouent une petite vidéo prise au moment de la photo.

«On a eu beaucoup de chance. Ca a été comme un jeu de dominos : chaque rencontre en a permis une autre», résume Clément Perrot, modeste. Lors de leur master entrepreunarial à Berkeley, pour leur dernière année de Polytechnique, les deux jeunes franciliens découvrent qu’ils «forment un bon binôme» avec un intérêt commun : «la photographie, surtout l’instantané».

Intrigués par le regain de popularité de ces appareils rétros auprès de la génération Z (15-25 ans), ils décident en janvier 2014, de «réinventer le Polaroïd, en passant par le smartphone et en intégrant de la réalité augmentée» via l’application.

 

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Première rencontre importante du jeu de dominos : celle de l’équipe du Hardware club (lors du concours Hello Tomorrow challenge). Enthousiasmé par le projet, ce groupe qui aide les start-up hardware prend Prynt sous son aile et lui ouvre les portes de l’accélérateur Haxlr8r, à Shenzhen, en Chine, pour trois mois. David Zhang et Clément Perrot y rencontreront l’un de leurs premiers investisseurs, Avidan Ross (Root Ventures), séduit par l’idée.

Entre la France (pour David Zhang) et la Californie (pour Clément Perrot), Prynt lance début 2015, une campagne Kickstarter et récolte 1,6 million de dollars auprès de 9 000 supporteurs en 35 jours. Un record qui les propulse premiers Français sur la plateforme de financement participatif.

Coup de chance ? Pas vraiment. «Une campagne Kickstarter, cela se prépare», insiste Clément. Notamment «en sollicitant des conseils auprès d’un maximum de gens et en s’entourant des bonnes personnes», un credo mis en pratique à chaque étape de la vie de la start-up.

Par exemple dans la phase d’industrialisation. Après une levée de fonds qui a apporté 2,3 millions de dollars d’investisseurs américains, la production des “Pryntcases” commence en juin 2015. Mais le choix et les relations avec le fabricant sont très importants.

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«Il faut traiter le fabricant presque mieux qu’un investisseur», affirme David, pour profiter au maximum de son expertise technique pour la production, ou encore pour la phase cruciale de certification.

L’équipe de Prynt (un vingtaine de personnes, aujourd’hui réunies à San Francicsco) bûche en cette fin d’année pour qu’arrivent, en temps et en heure, depuis la Corée jusqu’aux aux Etats-Unis, en Europe et partout dans le monde, les 15.000 Pryntcases.

Et demain ? Les gros distributeurs américains, ou le marché asiatique, espèrent les deux acolytes. Entousiasmés par le chemin parcouru, ils semblent surtout heureux de continuer à apprendre à un rythme effréné.