Documentaire sur la BNP: prise de bec entre le FIAF et Le Canard Enchaîné

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Mis en cause par Le Canard Enchaîné, le FIAF défend sa décision de ne pas avoir programmé un documentaire critique de BNP Paribas, l’un de ses sponsors, dans le cadre d’un récent festival de documentaires organisé avec le Festival International du Grand Reportage d’Actualité (FIGRA) et la Fondation Saint Omer Valeurs Transatlantiques.

Jamais, au grand jamais, les sponsors ne nous arrêtent dans notre programmation“, a affirmé Marie-Monique Steckel, présidente du French Institute Alliance Française.

Dans un article intitulé “l’Alliance française de New York, succursale de la BNP ?”, publié le 13 novembre, le journal satirique avait noté l’absence du documentaire “BNP Paribas, dans les eaux troubles de la plus grande banque européenne” de la programmation du premier “Best of FIGRA French Documentary Festival”, organisé fin octobre par le FIAF. Le documentaire, diffusé sur France 3 en 2018, raconte la montée en puissance de l’établissement financier français et ses réseaux d’influence au sein du pouvoir. Il évoque notamment ses problèmes judiciaires aux Etats-Unis. La banque a été condamnée par un juge de Manhattan en 2015 à 8,9 milliards de dollars d’amende pour avoir contourné, entre 2000 et 2010, les embargos imposés par les Etats-Unis à Cuba, l’Iran, au Soudan ou à la Libye. Le documentaire avait reçu un Prix lors de l’édition 2019 du FIGRA.

Comme d’autres banques françaises présentes aux Etats-Unis, BNP Paribas est sponsor du FIAF, dont elle soutient notamment la série de films CinéSalon. 

Dans une lettre envoyée au Canard mi-novembre pour “mettre les pendules à l’heure”, Marie-Monique Steckel s’est dite “surprise” par l’article du “Palmipède”, affirmant que le choix des documentaires avait été fait en fonction de leur “l’attrait possible (…) pour notre public new-yorkais, américain à 70%“.

Le FIAF a ainsi retenu six documentaires, portant sur l’unité de soldats noirs américains de la Première Guerre mondiale, les Harlem Hellfighters, la Libye, les migrants mexicains, les mouvements de paix au Congo et au Proche-Orient et les excès de l’élevage intensif.

Delphine Selles-Alvarez, la programmatrice cinéma du FIAF, précise que cette sélection a été faite au sein d’une liste d’une “vingtaine” de documentaires, en accord avec les responsables du FIGRA. “On a échangé en juillet-août. On était d’accord sur la liste“, dit-elle.

Marie-Monique Steckel indique que le FIAF est actuellement en discussion avec le FIGRA et la Fondation Saint-Omer pour une possible deuxième édition de ce festival. “Cela a été un très bon festival. Les films étaient tous très bien. On a eu une très bonne collaboration“, estime-t-elle.