Les primaires américaines, mode d’emploi

Le 3 novembre 2020, les citoyens américains vont élire les Grands électeurs pour désigner le prochain président américain. Bien avant cela, dès le 3 février, les membres du Parti démocrate vont désigner le candidat qui fera face à Donald Trump. 

Depuis janvier, on entend le mot “caucus” de l’Iowa car c’est la première journée de vote. L’Iowa est, depuis le cycle d’élections de 1976, l’État qui se prononce le premier sur les candidats à la présidentielle américaine et donne le ton pour la suite des primaires, même si une victoire dans cet État est loin de garantir un succès final. Tout comme pour la présidentielle, c’est une élection indirecte: au lieu de sélectionner directement le candidat que l’on veut soutenir, le vote détermine le nombre de délégués pour le congrès national. Ces délégués choisissent ensuite à leur tour le candidat à la présidence de leur parti. 

Pourquoi parle-t-on de caucus, et aussi des primaires?  Les gouvernements étatiques et locaux organisent les élections primaires, tandis que les caucus sont des événements privés qui sont directement gérés par les partis politiques eux-mêmes. Pour les primaires, le vote peut être “ouvert” ou fermé”. Les Etats qui organisent des votes “ouverts” laissent la liberté aux électeurs de voter pour les démocrates ou les républicains, peu importe le parti dans lequel il est enregistré. Pour les votes “fermés”, c’est l’inverse, on doit voter dans le parti que l’on soutient officiellement. 

Les caucus sont historiques et peuvent paraître un peu désuets. Pour choisir un candidat, les personnes inscrites sur une liste se rendent à la réunion du comité électoral. Les électeurs doivent se tenir dans un coin de la salle de réunion pour être comptabilisés pour l’un des candidats qu’ils soutiennent. Lors de ce vote physique, des représentants sont choisis, et à leur tour, ceux-ci voteront pour les représentants de comté, qui voteront pour les délégués. Moins d’une dizaine d’Etats utilisent encore ce type de vote, comme l’Alaska ou le Nebraska. 

Après le fameux caucus de l’Iowa, les primaires démocrates sont prévues dans trois États : le New Hampshire le 11 février, le Nevada le 22 février et la Caroline du Sud le 29 février. Ensuite, le “Super Tuesday”, le mot-clef de cette campagne, est organisé le 3 mars dans 15 États et un territoire, dont les deux États les plus peuplés du pays : la Californie et le Texas. Après plusieurs Etats importants comme le Michigan ou l’Ohio, qui votent le 10 mars, l’Arizona, la Floride et l’Illinois sont appelés aux urnes le 17 mars. Les candidats qui remporteront ces États-clés pourront faire facilement pression sur leurs adversaires.

Ce serait trop facile si tous les Etats s’organisaient de la même manière. En plus des différents modes de vote, selon si c’est une primaire ou un caucus, certains Etats sont plus restrictifs que d’autres et par exemple en Floride, seul les membres du parti peuvent voter, alors qu’en Iowa, les sympathisants sont invités à participer en s’inscrivant le jour J. Le nombre d’électeurs par candidat n’est pas forcément proportionnel. En Floride encore, “the winner takes it all”. Si un candidat obtient 55%, alors tous les représentants devront voter pour le candidat en questions.

La convention démocrate aura lieu du 13 au 16 juillet à Milwaukee, dans le Wisconsin, lors de laquelle les ‎3,979 délégués choisis vont départager les candidats. En général, il y a très peu de suspense et les démocrates commencent déjà le nom de l’heureux élu. Chez les républicains, la convention pour désigner officiellement Donald Trump aura lieu du 24 au 27 août 2020 à Charlotte, en Caroline du Nord. D’ores et déjà, l’Alaska, l’Arizona, Hawaii, le Kansas, le Nevada, la Caroline du Sud et la Virginie ont annulé leurs primaires et soutiennent le président Trump.