Dans la presse US: pourquoi la France est-elle au coeur des attaques terroristes?

Revue de presse. Au lendemain du drame qui a frappé la ville de Nice, faisant 84 morts et de nombreux blessés grave, les médias américains s’interrogent: comment la France est-elle devenue l’épicentre du terrorisme en occident?

Le DailyNews donne la parole à un ancien officier de renseignement américain, Andrew Peek, qui dans un éditorial pose la question : “Quand, exactement, la France est-elle devenue notre ligne de front dans la guerre contre le terrorisme ?” L’article met en avant trois facteurs. Tout d’abord, “la France recense 7% à 9 % de musulmans, la plupart sont immigrants et descendants d’immigrants de l’ex-empire d’Afrique du Nord, dans une population de 66 millions d’habitants. La France ne fait pas un bon travail d’intégration”. Ensuite, “la France est également une cible culturelle. Plus que l’Italie, plus que l’Allemagne et bien plus encore que le Royaume-Uni, il y a un hédonisme français qui n’est pas tout à fait le même dans le reste du monde occidental”. Enfin, “les Français sont considérés comme vulnérables. Les Américains se sont moqués de la France avant l’invasion de l’Irak en 2003. Sa réticence à renverser Saddam Hussein, combiné à ses six semaines d’effondrements humiliantes face aux Allemands en 1940, font des Français un symbole international du pacifisme velléitaire”, lâche l’ancien militaire, avant de préciser “qu’ils ne le sont pas du tout (pacifistes)”, en matière de lutte contre le terrorisme, rappelant l’engagement français de l’Afghanistan au Mali.

Pour Bloomberg news, un autre éditorialiste, Leonid Bershidsky, basé en Europe, préfère chercher des explications du côté des faiblesses de la police française. Citant un rapport parlementaire français publié une semaine avant l’attentat de Nice, l’article rappelle que “tous les auteurs des attentats de 2015 étaient connus des autorités pour leur radicalisation” (NDLR: cela ne semble pas être le cas de Nice). Et “il ne s’agit pas d’un manque de ressources des autorités françaises à surveiller les terroristes suspects : selon le rapport, en 2015, les autorités françaises disposaient d’un quota de 2.700 personnes dont les communications auraient pu être interceptées, mais les résultats de surveillance n’ont jamais approché ce nombre”.

Le site de la chaîne CNBC met lui en avant les facteurs économiques et sociaux, citant l’exclusion dont se sentent victimes les minorités musulmanes. Et l’article de citer Matthew Henman, directeur du IHS Jane’s Terrorism and Insurgency Center: “une importante partie de la population musulmane a grandi en se sentant de plus en plus privés de leurs droits et mal accueillis, ils n’ont jamais forgé d’identité avec la culture moderne, ni même avec le pays d’origine de leur famille”.

Time magazine tente de son côté la synthèse: “les racines du problème sont complexes : la France a connu un passé violent dans son face-à-face avec le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et avec la communauté musulmane en France, avec de longues expériences de discrimination et un sentiment d’exclusion de la part de la société française”. Le magazine pointe également du doigt deux autres facteurs de la montée du terrorisme en France. “Les prisons françaises sont devenues des terrains de recrutement pour les extrémistes. Et la droite radicale française, de plus en plus puissante, alimente les tensions à travers de discours, souvent anti-immigrés et anti-musulman”.