Le Président de la Fed de Dallas “adore” la France, mais…

« Je suis inquiet pour la France, plus que pour n’importe quel autre pays » de l’Union européenne. Cette phrase, livrée par le président de la Réserve fédérale de Dallas, Richard Fisher, au quotidien économique allemand Handelsblatt, puis reprise par CNBC, a de quoi froisser l’orgueil français, au moment où l’Hexagone sort de récession.

Surtout que le responsable monétaire, qui affectionne la métaphore équine, a déjà qualifié les Etats-Unis et le Texas de « purs-sangs » en comparaison aux canassons que seraient l’Europe… et la France, déjà mise sur la sellette dans un discours qu’il a prononcé il y a moins d’un an. Son titre: Les Etats-Unis ne sont pas l’Europe et Texas n’est pas la France.

M. Fisher aurait-il une dent contre la France? Que nenni, assure-t-il. « Je n’ai pas voulu offenser la France ni les Français, assure-t-il à French Morning. J’adore la France. Mon beau-père s’est battu pour libérer la France des nazis durant la Seconde Guerre Mondiale et j’aurais fait pareil à sa place. »

La France, son amie

« Mais » -car il y a un mais, « l’inquiétude croissante des investisseurs au sujet de la situation délicate de la France m’inquiète », confie l’économiste, diplômé d’Harvard et de Stanford, dans un courriel commençant par les mots français « mon ami ».

« Le capital risque de fuir le pays, insiste cet ancien de l’administration Carter. Richard Fisher est également passé par le cabinet de conseil aux entreprises fondé par Kissinger avec l’ancien général Brent Scowcroft, et a géré son propre fonds d’investissement. Il a aussi supervisé pour le compte du gouvernement américain la mise en œuvre d’accords commerciaux internationaux, dont l’Alena (avec le Mexique et le Canada).

« Et je m’inquiète depuis longtemps du niveau du chômage des jeunes en France », ajoute Richard Fisher. Car « l’Europe a besoin d’une France forte – un fait évident dont le chancelier Helmut Kohl et le président François Mitterrand ont fait la pierre angulaire de l’Union européenne. Je ne faisais donc qu’exprimer ma crainte des risques que représente une économie française précaire et mon espoir que la France réponde au besoin d’un moteur économique équivalent à celui de l’Allemagne ».