Pourquoi les Américains utilisent les “miles” ?

La distance entre Philadelphie et Chicago est de 758 miles. Si vous n’êtes pas Américain, Birman ou Libérien, cette information ne veut rien dire. Pourquoi diable les Américains continuent-ils à utiliser les miles?

Hérité de l’Empire, le système métrique, plus communément appelé SI (système international d’unités) est en vigueur dans quasiment tous les pays du monde depuis les années 1970. Les Etats-Unis, le Libéria et la Birmanie sont les trois seuls Etats à faire de la résistance, lui préférant le système impérial anglo-saxon. Ce qui fait rire certains Américains eux-mêmes comme le montrent ces illustrations.

Pourtant le gouvernement américain n’a pas lésiné sur les moyens, et plusieurs textes ont été rédigés pour passer au SI : le Metric Act de 1866, la Metric Conversion Law de 1975 ou lorsqu’en 1988, le Congrès déclara que le SI était le système préférable. Le point commun de toutes ces lois : elles étaient non-contraignantes pour les Etats. Conséquence: aucun d’eux n’a franchi le pas.

La résistance à la métrification est lié aux habitude, certes – après tout, pourquoi changer alors que ce système convient très bien aux Américains – mais aussi financière, car pour justifier leur résistance, de nombreuses entreprises américaines ont invoqué les coûts engendrés par la main d’œuvre et les heures travaillées supplémentaires – il faut bien payer ceux qui convertissent toutes les données de l’entreprise! La NASA a avancé le chiffre de 370 millions de dollars…ce qui ne l’a pas empêché de se convertir en 2007.

Même si la métrification a un coût, il ne faut pas sous-estimer celui de la non-métrification. Selon Pat Naughtin, un consultant qui a aidé de nombreuses entreprises à sauter le pas et qui a été reconnu comme «Lifetime Certified Advanced Metrication Specialist» par la United States Metric Association, les pertes annuelles sont élevées. En utilisant le SI, les entreprises dans les pays « non-métrifies » s’ouvrent de nouveaux marchés et facilitent les relations leur clientèle dans les pays “métrifies”.

Ainsi l’industrie pharmaceutique américaine a-t-elle épousé la métrification tandis que l’industrie de la boisson utilise encore les deux systèmes. Ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes. A titre d’exemple, la sonde Mars Climate Orbiter fut détruite en 1999 à cause d’une erreur de navigation : les paramètres avaient été entrés en système impérial alors que l’équipe qui recevait ces informations pensait avoir à faire à des données issues du système métrique. Une petite erreur qui coûta la modique somme de…125 millions de dollars. Le prix de l’entêtement en somme.