Pourquoi il faut vous intéresser aux Mets et aux “World Series” de baseball

Si vous habitez à New York, vous allez en entendre parler toute la semaine: les Mets jouent les World Series à partir de mardi. Oui c’est du baseball et pour que vous puissiez étonner vos collègues de bureaux en ayant l’air de comprendre de quoi ils parlent, French Morning a demandé à un grand fan de baseball, new-yorkais, de nous expliquer pourquoi cette semaine compte tant pour lui et les autres “Mets fans”. Eric Schine, Senior features editor à Bloomberg News, attend que ses chers Mets le comblent depuis près de 30 ans…

World Series“: l’appellation est peut-être un peu arrogante, d’accord. Le vainqueur de ces rencontres (le premier qui aura gagné 4 matches) est le champion de la Major League of Baseball (MLB), donc la meilleure équipe d’Amérique du Nord. C’est déjà bien et pour les Mets ce serait mieux que ça: ce n’est que la cinquième fois qu’ils se trouvent dans les World Series depuis 1962, année de création de l’équipe. Et ils n’ont gagné que deux fois, en 1969 et en 1986. Les “Mets fans”, qui ne connaissaient que déception pendant des décennies, attendent depuis presque 30 ans cette victoire tellement convoitée.

Souffrances

Autant dire qu’être un supporter des Mets, c’est beaucoup souffrir. Non seulement de très rarement gagner, mais aussi -surtout- de voir l’autre équipe locale triompher. Si les Mets sont  les underdogs de New York, les Yankees sont vus soit comme la vraie équipe de New York, soit comme le evil empire, selon le lieu d’habitation ou la famille d’origine.  Les Yankees sont installés dans leur très célèbre Yankee Stadium depuis 1923 (reconstruit en 2010) dans le Bronx, tout à côté de Manhattan. Ils ont joué  dans 40  World Series et en ont gagné 27. Les “Bronx Bombers” sont  l’équipe riche et élite, l’équipe un peu snob, préfèrée par beaucoup de bourgeois Manhattanites. Ils ont un budget pour les salaires de 214 millions de dollars, le deuxième plus riche après les Los Angeles Dodgers, plus du double des Mets.

Et l’histoire des Yankees se mêle souvent à celle du baseball tout court, avec une longue liste de “dieux du stade” qui y ont joué: Babe Ruth, Joe Dimaggio, Lou Gerhig et plus récemment, Alex Rodriguez et Derek Jeter.

Mais le Mets fan est peu impressionné par les exploits des Yankees. Tout d’abord les Yankees appartiennent à l’American League, tandis que les Mets font partie de la National League. Ces deux leagues (qui composent la MLB) c’est un peu la gauche et la droite, ou la France et l’Angleterre pendant la guerre de Cents Ans, ou les Protestants et les Catholiques pendant les guerres de religion. Les différences de règles, d’histoire et de culture sont grandes et profondes. La différence principale: dans la ligue américaine, le lanceur ne frappe jamais la balle tandis que dans la ligue nationale, il est obligé de la frapper.

En vérité, les fans des Mets ont leurs racines dans le Queens et Brooklyn de l’époque bien avant les quartiers branchés, quand les ouvriers allaient au stade pour passer un après midi et boire de la bière en dépensant un sous ou deux. (On peut obtenir les billets pour les World Series à Citifield pour plus de $1,500 sur Stub Hub.)  Car les Mets sont les descendants des Brooklyn Dodgers, qui ont quitté New York en 1959 pour Los Angeles. Quand j’étais enfant, mon grand-père Nate, homme d’affaires, était pour les Yankees. Mon oncle Mike, socialiste (quand il y avait encore quelques socialistes aux États Unis), était pour les Mets.

Longtemps déçus, les supporters des Mets arrivent à peine à croire à leur chance. Il y a trois mois, les Mets étaient encore à la peine – une saison décevante comme toutes les autres, un équipe médiocre destinée à échouer avant la fin de saison. Une saison très longue puisqu’elle consiste en 162 matchs de début avril jusqu’à la fin septembre. Mais l’extraordinaire est arrivé! Début août, les Mets, grâce à quelques nouveaux joueurs qui ont inspiré les autres, ont commencés à donner du fil à retordre à leurs opposants.  Le plus bel exemple est celui de Daniel Murphy. Daniel était un bon joueur mais n’avait rien d’exceptionnel. Puis, au mois de septembre, il a brisé tous les records, 7 home runs en 6 matchs de “post-season”. C’est la première fois dans l’histoire du baseball. On commence à le comparer à Babe Ruth. Du jamais vu!
L’heure de la revanche a sonné. Les World Series commencent mardi soir contre les Royals à Kansas City.

Eric Schine