Pourquoi les fraternités utilisent-elles des noms grecs ?

Sigma Phi, Kappa Alpha, Delta Phi, Psi Upsilon, Chi Psi.. Vous n’avez pas pu passer à côté des fraternités, ces associations d’étudiants américains. Il n’a pas du vous échapper que certaines d’entre elles utilisaient des lettres grecques pour se nommer, ce qui leur vaut d’ailleurs l’appellation de “Greek letter organization”. D’où vient ce recours à l’alphabet grec ? C’est la question bête de la semaine !

Un peu d’histoire pour commencer. C’est au XVIIIème siècle qu’on trouve les traces des premières sociétés, plus ou moins secrètes, en Amérique. “Lieux hybrides où l’on débattait, buvait et mangeait, le rôle de ces sociétés était de fournir une structure conviviale aux étudiants et de stimuler leur intellect. Leurs créations sont à replacer dans le contexte des sociétés européennes, comme les corporations étudiantes en Allemagne où existait cette tradition de boire et de chanter entre les élèves“, précise John Churchill, ancien professeur de philosophie et “Secretary”de la fraternité Phi Beta Kappa, l’une des “frats” les plus anciennes.

L’histoire raconte que le premier de ces clubs en Amérique, “The Flat Hat Club”, fut créé en 1750, au College of William and Mary en Virginie. “Les initiales de la F.H.C. faisait en réalité allusion à une phrase secrète latine, “Fraternitas, Humanitas, et Cognitio”, explique-t-il. Thomas Jefferson en était membre.

Quelques années plus tard seulement naissait la première confrérie à se doter cette fois d’un nom grec. “Phi Beta Kappa” fût fondée en 1776 au College of William and Mary, avec un slogan grec, qui devint son nom :  « Φιλοσοφία Βίου Κυβερνήτης » ou « la philosophie pour diriger la vie ».

“Phi Beta Kappa” se distingue alors par sa volonté de se distancer des sociétés européennes pour mieux forger une fraternité qui soit à l’image de l’Amérique. Il s’agissait aussi de se démarquer de la F.H.C. qui utilisait la langue latine. En outre, selon William Hastings, auteur d’un livre sur les fraternités, l’un des fondateurs, John Heath, “était le meilleur élève en grec de l’université”.

Les Phi Beta Kappa n’ont pas seulement instauré une nouvelle tradition mais sont à l’origine des différentes règles sur lesquelles repose le “Greek System”, à savoir les noms en lettres grecques, les devises, le serment de discrétion et le rituel d’admission notamment.