Pourquoi tant d’échafaudages à New York?

Si vous aussi, vous vous tordez le cou pour apercevoir la façade du Flatiron Building entre les nombreux échafaudages, cette question bête est faite pour vous. Selon le New York Times, ces beaux édifices s’étendent sur plus de 300 kilomètres dans New York, si bien qu’on pourrait croire qu’ils font partie du paysage. Alors, pourquoi tant d’échafaudages ?

Vaste question!“, avoue Wayne Bellet, à la tête de Bellet Constructions Inc. à Manhattan. Les échafaudages puisent leurs origines dans une série de tragédies. A la fin des années 1970, “une femme a été sérieusement blessée par des morceaux de bâtiment qui se sont écroulés. Le maire de New York à l’époque, Ed Koch, a par conséquent fait passer, en 1980, une loi visant à surveiller les façades des bâtiments et protéger les piétons. C’est la Local Law 10“, explique-t-il.

Cette loi s’appliquait aux infrastructures de plus de six étages. “Cela a bien fonctionné jusqu’à ce qu’un étudiant se fasse tuer“, poursuit-il. La Local Law 10 se voit alors renforcée. En 1998, la Local Law 11 voit le jour. L’inspection s’étend aux bâtiments de plus de sept étages et ne se limite pas à la façade frontale. “Toutes les façades sont examinées“, précise Wayne Bellet.

Sous cette loi, le propriétaire doit faire inspecter le bâtiment tous les cinq ans par un architecte ou un ingénieur agréé. Il a deux années pour s’exécuter. “Le problème, ajoute Bruce Feldman, courtier immobilier basé à New York City, c’est que les réparations prennent du temps et demandent un travail méticuleux. C’est pour cette raison qu’on a l’impression que les échafaudages ont toujours été présents.

Pour Wayne Bellet, c’est là que les complications commencent. “Les bâtiments sont classés selon trois catégories : sécurisé, non sécurisé, et sécurisé dans le cadre d’un programme de maintenance. Un bâtiment tombe dans la catégorie “non sécurisé” si le propriétaire ne poursuit pas les réparations exigées de la troisième catégorie.

Les propriétaires ne veulent pas se plaindre et acceptent de payer les frais“, poursuit-il. Et d’ériger des échafaudages à tout bout de champ.

Si aujourd’hui les échafaudages font le charme de la ville (ou pas), les piétons et propriétaires de magasins ne sont pas toujours de cet avis. “C’est une épée à double tranchant, ajoute Wayne Bellet. Les piétons doivent se rendre compte que c’est pour leur sécurité.” Et les vendeurs doivent voir le bon côté des choses. “S’il pleut, les échafaudages servent d’abris ! Et cela permet aux piétons de découvrir de cette façon de nouveaux magasins“.