Pour la presse US, la galère commence pour Sarkozy

(Revue de presse) Sarkozy est de retour dans l’arène, et cela fait réagir la presse américaine. Pour le site BuzzFeed, l’ancien président a “complété la première étape de son comeback en politique” , en remportant la présidence de l’UMP, samedi, avec 64,5% des voix. Même son de cloche pour l’agence Associated Press, reprise par Fox News, pour qui Nicolas Sarkozy est de retour de “sa traversée du désert politique” .

Pour BusinessWeek, cette élection donne à l’ancien président “deux ans pour réparer un mouvement politique divisé et préparer la prochaine élection présidentielle” .

Comme d’autres titres américains, le quotidien The New York Times insiste sur le caractère “largement prévisible” de cette victoire, face à ses adversaires du moment Bruno Le Maire et Hervé Mariton, mais observe que le plus dur est à venir pour Nicolas Sarkozy, qui devra convaincre au-delà de son camp pour retourner à l’Elysée en 2017. “Son retour cet automne n’a pas remué l’électorat français dans son ensemble, malgré l’impopularité de François Hollande et l’incapacité des socialistes au gouvernement à relancer l’économie” .

Voice of America (VOA) évoque aussi la victoire de l’ancien chef de l’Etat, en rappelant que les Français ont déjà dit “non” à Sarkozy en 2012, quand “il a perdu l’élection présidentielle face à François Hollande, en raison en partie de la hausse du chômage en France et sa mesure impopulaire de relever l’âge de la retraite à 62 ans” .

D’autres medias s’intéressent à sa stratégie de reconquête du pouvoir et soulignent que le score plus bas que prévu de Nicolas Sarkozy (64,5%) laisse présager de moments difficiles. Le Washington Post ironise sur le discours droitier de nouveau président de l’UMP, notant qu’il “espère réaliser un retour historique en basculant encore plus vers la droite” .

Aux Etats-Unis, la révolution Tea Party est en train de se calmer. Mais en Europe, cette orientation de Sarkozy est un signe des temps. Lui et d’autres conservateurs européens se retrouvent pris au piège dans un no man’s land politique, entre leurs adversaires traditionnels à gauche et les bons scores de l’extrême droite. Leur réponse apparente: si on ne peut pas battre les nationalistes et les populistes, alors il faut parler comme eux” , tacle le quotidien.

“Ils n’ont pas changé d’avis sur Sarkozy”

Comme pour minimiser la victoire de Nicolas Sarkozy, le Post cite Dominique Moïsi, co-fondateur de l’Institut français de relations internationales (IFRI). “Je ne pense pas que Sarkozy soit la réponse de la France. Il n’a pas réalisé à quel point la France l’avait rejeté en 2012. Et la vérité est que, même si les Français sont déçus par François Hollande, ils n’ont pas changé d’avis sur Sarkozy” , dit l’expert.

Le Wall Street Journal aussi se montre sceptique de la stratégie de Nicolas Sarkozy. Le journal s’attarde sur ses critiques de l’Union européenne, notamment l’insuffisance de contrôles aux frontières. “En étant dur avec l’Europe, M. Sarkozy espère garder le soutien d’électeurs frustrés par la stagnation de l’économie et tentés de soutenir Marine Le Pen” , analyse le journal.

Mais pour The Wall Street Journal, l’ancien leader se trompe. “Nicolas Sarkozy n’aide pas la France quand il attaque les frontières ouvertes de l’UE. Il a dit: ‘je veux des contrôles plus sévères. Je veux une vraie politique migratoire européenne et mettre un terme au tourisme des avantages sociaux dont notre pays est l’une des principales victimes’. C’est une tentative de battre Mme Le Pen sur son thème de prédilection. Mais il passe à côté du fait que le problème est l’Etat providence, et non pas la liberté de circulation des personnes, l’une des choses que l’UE fait bien ” .

Et de finir par une pique: “Lancer de bons mots sur des cibles faciles comme l’UE et les immigrés va l’aider à concourir avec Mme Le Pen. Mais la question que les électeurs vont poser cette fois-ci est M. Sarkozy pense-t-il vraiment ce qu’il dit quand il affirme qu’il va réformer l’économie française.