Polémique sur la taxation des expatriés

Cela ressemble à une gaffe pour le PS -et une aubaine pour l’UMP. En répondant à la télévision suisse, le ministre du Travail Michel Sapin a relancé involontairement la polémique sur l’imposition des Français de l’étranger. Au journaliste qui lui demandait si “l’impôt lié à la nationalité, comme le font les Etats-Unis, est une piste”, ce proche de François Hollande a répondu “c’est une des pistes”.

Les candidats de l’UMP auprès des Français de l’étranger se sont saisis de cette déclaration pour dénoncer “les projets cachés du gouvernement”. Frédéric Lefebvre, candidat en Amérique du Nord, a envoyé un e-mail aux électeurs intitulé “Vos impôts, refusons la double imposition”, assurant que les propos de Michel Sapin prouvaient que “le projet de créer un impôt sur le travail des Français vivant à l’étranger est bien en train de prospérer au Gouvernement qui recherche des recettes de “poches” pour boucler son budget”.

Du côté du Parti Socialiste, on assure que cette polémique résulte d’une “confusion”: “Il ne s’agit pas du tout d’imposer tous les expatriés, mais de renégocier des conventions fiscales avec certains pays, principalement la Suisse, la Belgique et le Luxembourg”, explique un porte-parole de la fédération PS des Français de l’étranger. Corinne Narassiguin, la candidate du PS en Amérique du Nord, accuse son adversaire de vouloir brouiller les cartes: “C’est Nicolas Sarkozy qui avait proposé de créer un impôt mondial lié à la nationalité et c’est François Hollande, pendant la campagne, qui s’y est opposé, trouvant cela démagogique et inefficace”.

Rappelant qu’en visite à Washington, le président Hollande avait expliqué qu’il ne viendrait pas “ici chercher les exilés fiscaux“, Mme Narassiguin assure qu’aucune “des promesses de François Hollande n’est remise en cause par Michel Sapin. Elue, je serai bien sûr vigileante pour que cela reste le cas, mais je n’ai pas d’inquiétude particulière”.

Le deuxième tour de la législative se tient en Amérique du Nord ce samedi 16 juin. Le vote par Internet s’est lui achevé mardi.