Un Français prend les armes au Met

Je ne suis pas un carriériste, juste un passionné“. L’historien français Pierre Terjanian est arrivé à New York, humble mais “flatté“, prêt à honorer sa nouvelle mission de conservateur au Département des Armes et Armures du Metropolitan Museum of Art.

Diplômé de droit à ASSAS et de management à HEC, rien ne laissait présager sa carrière d’historien. “C’est ce qu’on appelle un véritable virage professionnel“, raconte Pierre Terjanian. Une vocation qui, soudain, a pris le contrôle de sa vie. “C’est arrivé par hasard quand j’étais encore étudiant. J’ai découvert par accident des gravures sur bois qui dataient du XVIe siècle dans un marché aux puces, et je suis tombé amoureux. Tout est allé très vite, comme un virus.”

Je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas assez de spécialistes dans ce domaine. Surtout, il y a plus de questions que de réponses. Je me suis dit qu’il serait donc intéressant de creuser. J’avais envie de jouer au détective, essayer de résoudre toutes les énigmes derrière ces magnifiques objets.” Une mission qui devient alors personnelle. Après un doctorat en Histoire, Pierre Terjanian s’envole vers les États-Unis car “il fallait forcément s’expatrier. En France, il y a très peu de collection d’armes et armures.

À commencer par le Philadelphia Museum of Art, où il travaille pendant 15 ans, occupant successivement plusieurs fonctions au sein du Département de Sculpture et Arts Décoratifs médiévaux européens, dont celle de directeur. Depuis quelques semaines, c’est au Met que Pierre Terjanian a “l’honneur” d’exercer. “C’est une opportunité unique d’être au Met. Ici, j’ai accès à l’une des meilleures collections du monde. Je ne parle pas seulement des objets. Être conservateur au Met, c’est aussi avoir accès à une bibliothèque hors pair, à des ressources phénoménales et surtout à une communauté d’esprit”. 

Sa prise de fonction coincide avec les cent ans du Département des Armes et Armures, qui a acquis plus de 14.000 objets provenant des quatre coins du monde. À l’occasion du centenaire, le département a entièrement renouvelé ses vitrines. “J’ai la chance de côtoyer des gens très intéressants et nous échangeons beaucoup. Après tout, je ne suis qu’un des nombreux conservateurs du département”, confie Pierre Terjanian avec humilité.