Philippe Ungar, archiviste sonore

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Retrouvez les épisodes en français de Sounds Like Portraits sur French Morning:

Gilles Bensimon

Hélène David-Weill

Quel est le point commun entre un chercheur en immunologie, un photographe de stars ou un snowboarder olympique? Tout ce qui compte vraiment: “leur énergie intérieure, leur créativité” dit Philippe Ungar, Français de New York qui, depuis plus de deux ans, interview “des gens inspirants” et les fait parler de créativité pour son podcast Sounds like portraits, qui fête cette semaine son centième numéro.

La créativité d’un commissaire de police ou celle d’un patron du luxe vous parait discutable? Philippe Ungar n’est pas de cet avis. S’il interview nombre d’écrivains, musiciens et autres artistes, il est convaincu que “la créativité est partout; c’est la même énergie et passion qui se jouent”.

Au départ de ce projet de podcasts, il y a une crise, personnelle ou professionnelle, au choix: “je m’interrogeais sur ma propre créativité, sur ma capacité à faire des entretiens, donc je me suis dit que j’allais en parler avec des gens qui s’étaient posés ces questions”. Car “faire des entretiens” c’était déjà son métier, en tant qu’archiviste sonore. Un métier venu un peu par hasard. Après un début de carrière comme prof de philo en lycée en France, puis formateur de prof, il avait parallèlement travaillé pour la radio suisse francophone. “Et puis un jour le président d’une fondation privée suisse (la collection Jean Planque), m’a contacté pour me proposer de faire des archives sonores pour eux, de récolter la parole de tous ceux qui avaient participé à la collection” (NDLR: le fonds exceptionnel -Cézanne, Monet, Van Gogh, Degas, Bonnard, Picasso, etc- est désormais déposé au musée d’Aix-en-Provence). Cette première commande a été suivie par d’autres et le goût d’interviewer est devenu un métier pour Philippe Ungar, qu’il a appelé “faute de mieux”, archiviste sonore. D’autres grandes fondations ont fait appel à lui, puis des entreprises, des familles, toutes soucieuses de transmettre l’histoire orale.

Transmettre l’histoire, je suis persuadé que c’est le plus vieux métier du monde”, s’amuse-t-il. Lorsqu’il réalise un vieux rêve et s’installe à New York grâce à une rencontre amoureuse, il continue ses enquêtes historiques et ajoute des clients américains. “Une de mes plus belles rencontres, c’est celle de David Rockefeller, pour le compte de la fondation Dubuffet. C’était au 44ème étage du building qui porte son nom; on m’avait donné 20 minutes et je suis resté deux heures. J’avais rencontré beaucoup de gens qu’il connaissait, il était passionné, ça a donné une très belle conversation.”

Semaine après semaine, il cherche ce même type de rencontres pour son podcast. Pour le 100ème, il a choisi Pascale Berner, une Français de New York qui fait le métier de “doula de fin de vie” au Mount Sinaï. “Je l’ai rencontrée par hasard lors d’un dîner chez des amis, je l’ai trouvée très intéressante et l’interview a été formidable. Elle m’a dit ensuite que je lui avais fait dire des choses qu’elle ne savait pas sur elle. ‘C’était comme un accouchement pour moi’ m’a-t-elle dit.” 

Après 100 épisodes, et des milliers de questions posées à ses invités, l’interviewer a répondu à sa question initiale. “Et la réponse est définitivement oui! Grâce à ces podcasts, je me suis rendu compte que les entretiens c’était bien mon truc; j’adore ça. J’ai découvert que je suis à ma place en aidant les autres à se poser des questions qu’ils ne se poseraient pas. Ils apprennent sur eux, j’apprends sur moi; Et j’espère que l’auditeur apprend au passage!”.

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