Pourquoi les pharmacies aux US vendent-elles autre chose que des médicaments ?

Où trouver un paquet de cigarettes, des mac’n cheese surgelés et du vernis à ongle à n’importe quelle heure du jour et de la nuit ? A la pharmacie bien sûr ! C’est souvent surprenant pour les Français qui arrivent aux Etats-Unis, et pourtant on y trouve de tout et même… des médicaments. Pourquoi les pharmacies aux US vendent-elles autre chose que des médicaments ? C’est la question bête de la semaine.

“En Amérique les pharmacies ressemblent à des supermarchés, et c’est lié à notre histoire et notre culture” , résume Gregory Higby, chercheur à l’Institut d’histoire de la pharmacie à l’université de Wisconsin-Madison. Tout commence à l’époque coloniale. “A ce moment-là les médicaments arrivaient par bateau directement de Grande-Bretagne, et le pharmacien récupérait dans la même cargaison tous les produits liés à son activité comme les herbes médicinales, les épices, mais aussi du matériel médical”.

Autre explication historique : “Dans la plupart des petites villes, la pharmacie était le principal si ce n’est l’unique commerce et l’officine tenait naturellement le rôle d’épicerie”, poursuit l’expert.

Les “drugstores” se sont développés, mais ont conservé cet usage mixte. Aujourd’hui, la pharmacie est plus que jamais un commerce de proximité où on trouve l’essentiel. Y compris de l’alcool et de la junk food. Impensable en Europe. “Mon grand-père était pharmacien et il vendait déjà des cigares et du whiskey”, se souvient l’historien.

Aujourd’hui, l’Association nationale des pharmaciens condamne la vente de tabac et d’alcool mais les grands groupes qui possèdent la plupart des pharmacies refusent d’entendre parler de santé publique. “Le gouvernement fédéral ne se risquera pas non plus à légiférer au nom des libertés individuelles. Les Américains n’aiment pas qu’on leur dise ce qui est bon ou pas pour eux”, se lamente Gregory Higby.

Seule CVS, deuxième chaîne de drugstore aux Etats-Unis, a renoncé il y a deux ans à la vente de cigarettes. Une décision saluée à l’époque par Barack Obama. Alors à quand la fin des packs de bière et des chips ?