Patrick Weil pose ses bibliothèques dans l’Amérique défavorisée

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Le site de Libraries without Borders 

Quel est le point commun entre les réfugiés syriens en Ethiopie, les populations aborigènes en Australie ou les enfants défavorisés du South Bronx? Tous ont été aidés par Bibliothèques sans frontières, l’ONG créée en 2007 par l’historien Patrick Weil pour permettre l’accès à la culture dans les milieux qui en sont privés. Comprenez: des zones de guerre, mais aussi des pays développés comme les Etats-Unis.

Après le South Bronx, Detroit et la Nouvelle-Orléans, l’association travaille actuellement avec une tribu amérindienne d’Arizona, les White Mountain Apaches, qui l’a sollicitée pour l’aider à promouvoir son héritage. “On a des demandes dans les régions montagneuses du centre des Etats-Unis aussi” , souligne Patrick Weil, qui enseigne actuellement à Yale University.

Depuis sa création, l’association a développé ses programmes de lecture et d’accès à la culture dans des pays aussi variés que le Rwanda, la Centrafrique, Haïti, l’Inde, l’Azerbaïdjan et la France. Au total, elle est présente dans vingt pays. Elle a ouvert un bureau à Washington dès 2008 pour se rapprocher de potentiels donateurs et partenaires. Son antenne américaine emploie six personnes aujourd’hui.

Des bibliothèques éphémères

Ici, le programme phare de l’association s’appelle “Ideas Box”. Révélée en 2014 à la New York Public Library, cette médiathèque portative conçue par Philippe Starck contient des ordinateurs portables, des liseuses, des livres papier et des ebooks entre autres ressources. Se présentant sous forme de boite, cette bibliothèque éphémère peut être installée en une petite vingtaine de minutes dans une école, une bibliothèque ou dans un parc. Utilisée par des professeurs et des associations locales au Burundi et en République Démocratique du Congo (RDC), la première “Ideas Box” sur le sol américain a été installée dans un parc du South Bronx l’été dernier et dans des librairies de Detroit en novembre. “Cela permet de faire des classes, de diffuser des films ou des pièces de théâtre dans des milieux populaires ou éloignés de la culture. Parfois, dans ces endroits, il n’y a pas d’école. Parfois, il n’y a pas autre chose que l’école, explique Patrick Weil. La culture fait l’humanité de l’homme. Quand il n’y a pas de dispositif culturel, les enfants sont dans la violence. Quand il y a un livre ou autre chose, ils sont apaisés. Nous sommes des animaux si nous n’avons pas la culture.

A Detroit, Bibliothèques sans frontières a installé un autre outil: la Koombook, un hotspot qui diffuse des textes, des vidéos, des cours en ligne et permet plus de 30 connexions simultanées. Avantage de ces outils: la rapidité -“une nouvelle bibliothèque prendrait des années à construire!” fait valoir Allister Chang, responsable du bureau américain de l’association – et le contenu est modulable en fonction des communautés qui la demandent. Ainsi la Koombook qui sera installée en juin à Fort Apache, au coeur du territoire des White Mountain Apaches, proposera des documents liés à l’histoire de la tribu et des Indiens d’Amérique, ainsi que des outils de story-telling.

Aux Etats-Unis, où les inégalités se creusent, les perspectives de développement de l’association sont importantes, selon Allister Chang, en particulier au sein de tribus comme les White Mountain Apaches soucieuses de préserver et transmettre leur culture. Bibliothèques sans frontières travaille aussi au lancement d’une bibliothèque multimédia à Oakland (Californie) en 2017 et doit installer une “Ideas Box” en juin à Detroit. “Quand des taux d’illétrisme sont inférieurs dans certaines poches de la population américaine à ce que l’on voit dans des camps de réfugiés, il y a un problème. En tant qu’Américain, je pense qu’il y a beaucoup de travail à faire” .

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