OWKIN, l’intelligence artificielle pour prédire et mieux soigner les maladies

Crédits: Erwan Floch

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L’intelligence artificielle au service de notre santé. Et si c’était la médecine du futur ? C’est en tout cas la conviction de Thomas Clozel et Gilles Wainrib, co-fondateurs de OWKIN, une start-up médicale basée à Paris et à New York.

La création d’OWKIN en septembre 2016 est partie du constat que la médecine se trouve souvent désarmée face à certaines formes de maladies, notamment les cancers. « Il y a une incompréhension des mécanismes de création des cancers mais aussi des mécanismes de résistance aux traitements », explique Thomas Clozel, ancien chef de clinique en oncologie à l’hôpital Henri Mondor à Créteil, installé à New York depuis quelques mois.

Un traitement peut par exemple fonctionner très bien sur un patient, alors qu’il sera inefficace sur un autre. « Notre objectif est de proposer une plateforme aux médecins qui leur permettra de rentrer les données d’un patient et de transformer ces données en prédictions qu’ils n’auraient pas pu faire eux-mêmes. L’intelligence artificielle permet de voir bien mieux qu’un oeil humain dans une IRM et permet donc de faire des prédictions de réponse à un traitement ».

Cette plateforme, baptisée OWKIN Socrates, utilisera les technologies de machine learning pour analyser toutes les images qui lui seront soumises. OWKIN Socrates devrait être disponible dans un an, grâce à une levée de fonds de 11 millions de dollars en janvier.

Ses fondateurs, passionnés de biologie et de médecine veulent aller plus loin et faire leurs propres découvertes. « Arriver à partir de gènes à prédire une maladie, comprendre la résistance à un traitement à partir de l’imagerie, prédire des mutations ». Pour ça, OWKIN a besoin de nombreuses données. Elle collabore donc avec des hôpitaux et des laboratoires pharmaceutiques qui lui donnent accès aux données de patients. OWKIN a ainsi passé un contrat avec l’Institut Curie, le Centre Léon Bérard, ainsi qu’avec des laboratoires pharmaceutiques, tout en garantissant le respect de la vie privée des patients grâce à l’anonymat des données.

Aux Etats-Unis, Thomas Clozel essaie de développer des partenariats avec les plus grands acteurs dans le domaine de l’oncologie. « C’est important pour nous d’être présents ici, explique le médecin français, car il y a de très bons centres de traitement des cancers. Par ailleurs, les Etats-Unis sont le premier marché pharmaceutique et c’est aussi ici que sont basés nos principaux concurrents: IBM Watson, Microsoft et Google ». A New York, des structures de renom sont intéressées par leur technologie, notamment grâce aux contacts de Thomas Clozel, ancien étudiant du labo d’épigénétique de l’hôpital Weill Cornell.

Le parcours de son partenaire Gilles Wainrib impressionne lui aussi: polytechnicien devenu maître de conférences à l’Ecole normale supérieure rue d’Ulm. « Auparavant, on travaillait tous les deux sur la prédiction de la réponse à la chimiothérapie. J’utilisais des statistiques classiques avec des données de patients et j’ai lu des publications de Gilles Wainrib qui, lui, utilisait l’intelligence artificielle. Avec le même genre de données, il arrivait à des performances bien plus impressionnantes ». Les deux as de la génétique et des mathématiques se sont rencontrés grâce à un ami commun et OWKIN était créé peu de temps après. Aujourd’hui la start-up compte 20 salariés entre la France et les Etats-Unis et elle est en pleine phase de recrutement.

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