Norwegian s’enfonce dans la crise

Norwegian Airlines

Déjà en difficulté avant l’irruption du Covid-19, Norwegian est au bord du gouffre. La compagnie low-cost a annoncé ce lundi la mise en faillite de ses filiales suédoises et danoises.

Au total quelque 4.700 employés sont concernés. Ils sont basés en Suède, Espagne, Grande-Bretagne, Finlande ou aux Etats-Unis. Les employés de Norwegian basés en Norvège, France et Italie, soit 2.000 au total, ne sont pour le moment pas concernés car couverts par le chômage partiel, dispositif qui n’existe pas au Danemark et en Suède.

“Nous avons fait tout ce qui était possible pour éviter cette décision et vons demandé le soutien des gouvernements suédois et danois” a fait savoir le PDG Jacob Schram dans un communiqué.

Après une décennie de très forte croissance, la compagnie low-cost était devenue le premier transporteur non-américain desservant New York et plusieurs autres grandes villes américaines. Mais ce faisant, elle a accumulé une dette considérable de près de 8 milliards de dollars.
Cet endettement avait déjà valu à son cours en bourse de s’effondrer avant la crise. Les dernières semaines sans activité, et donc sans revenu, ont rendu sa situation intenable. La compagnie tente maintenant d’obtenir une conversion de sa dette en actions. Une assemblée générale des actionnaires est prévue sur ce sujet le 4 mai.

Les difficultés de Norwegian ne sont sans doute que les prémices d’un orage qui secoue tout le secteur. Les compagnies américaines ont obtenu 25 milliards d’aides de Washington. En Europe, toutes sont en discussion avec leurs gouvernements pour obtenir des aides qui pourraient venir trop tard notamment pour les plus petites. Lundi, Virgin Atlantic a averti qu’elle ne survivrait que si le gouvernement britannique venait à son secours.

Pour les consommateurs, et notamment les voyageurs transatlantiques, la conséquence sera probablement un renchérissement des billets à la réouverture des frontières. “Entre les compagnies qui auront disparu et les autres qui diminueront le nombre de vols, la capacité va forcément diminuer, prédit un dirigeant de compagnie. La concurrence féroce de ces dernières années qui a fait baisser les prix ne sera probablement plus la même pour longtemps”.