Dans le nord de la Californie, des Français en proie aux incendies

(Credit : avu3/Flickr)

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« J’ai connu des tremblements de terre, des tornades mais le feu comme ça, c’est une première ». Depuis dimanche soir, de violents incendies ravagent les régions viticoles de Sonoma, Napa et Mendocino, situées à 60 km au nord de San Francisco. Les autorités locales dénombrent au moins 21 morts et près de 150 personnes disparues. Plus de 25 000 personnes ont été évacuées. Parmi eux, de nombreux Français, comme Jérôme Eckert-Nathan, installé depuis dix-sept ans dans le comté de Sonoma.

« On s’est réveillé lundi matin avec cette couleur orange au dessus des collines, beaucoup de fumée et des cendres qui tombaient du ciel, poursuit-il. Avant même de recevoir l’ordre officiel d’évacuation, on a pris deux trois trucs et on a quitté la maison lundi matin. Il n’y a qu’une seule route, on avait peur de se retrouver coincé. »

Hébergé par des amis à Sebastopol, une ville située à l’ouest de Santa Rosa, Jérôme Eckert-Nathan n’a quasiment aucune information sur la progression des feux autour de sa zone d’habitation. « C’est frustrant, on ne peut rien faire à part attendre. On sait qu’en vivant ici, il y a un risque de feu, mais c’est arrivé avec une telle force… c’est choquant ».

Mardi après-midi, les pompiers comptaient 17 foyers d’incendies différents dans le nord de la Californie. Marion Bonnin a, elle, fui la ville de Sonoma. « Lundi matin, j’ai remarqué qu’il y avait une incendie en haut de la montagne en face de chez moi mais je suis tout de même allée au travail : il n’y avait personne », raconte la Française de 24 ans venue en Californie pour la saison des vendanges. « Quand je suis retournée chez moi, j’ai compris que c’était grave ».

Marion Bonnin a passé la journée de lundi dans l’attente d’un ordre d’évacuation. « Je vis avec deux Américains. On a fermé toutes les fenêtres car l’odeur de la fumée était très forte. De ma maison, je voyais les flammes ». À la nuit tombée, malgré « le son incessant des sirènes et le défilée des camions de pompiers », la jeune femme a décidé de rester chez elle.

« Dans la nuit, on voyait les flammes embraser toute la montagne, c’était impressionnant et super proche de nous ». Avant de tenter de fermer l’oeil, la Française a programmé « des alarmes toutes les deux heures ». En se levant mardi matin, elle constate que la situation a empiré. « L’ambiance était hyper morbide. On était dans la fumée, on ne voyait rien, l’air était encore plus étouffant que la veille alors nous sommes partis ».

Réfugiée à Tahoe, Marion Bonnin est encore sous le choc. « C’est un cauchemar. Je suis venue en Californie pour quelques mois, ce n’est pas vraiment l’expérience à laquelle je m’attendais ».

Du côté de Napa, mardi en fin de journée, Alexandre Remy était en route pour récupérer des affaires à son domicile situé aux portes du Skyline Wilderness Park. « Je vois une énorme barrière de nuages blancs devant moi », décrit le Breton. Réfugié à Walnut Creek, depuis lundi matin, avec sa femme et ses deux jeunes enfants, Alexandre Remy a décidé de retourner chez lui avant que les vents ne tournent.

« Près de Skyline Park, tout est en train de brûler. Le feu est juste à côté de ma maison. Là il fait encore jour, c’est le moment où jamais. Mais je reste une heure pas plus puis je repars », lance-t-il au bout du fil, tout roulant en direction de Napa sur « une route complètement déserte ».

Même si 80 % des vendanges ont déjà été effectuées, selon la Napa Valley Grapegrowers, ce n’est pas le cas du Cabernet. « C’est ce qui a le plus de valeur à Napa et c’est ce qui reste sur les vignes », souligne celui qui est aussi le general manager d’Atlas Wine Company. Alors qu’il s’engouffre dans la ville enfumée et que le réseau téléphonique commence à manquer, il ajoute « mais pour le moment, le raisin qui reste sur les vignes, c’est le dernier de nos soucis ! »

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