Newsweek vs la France: round 2

Revue de presse. Newsweek a perdu une bataille mais pas la guerre. Quelques jours après la publication de son article de « French Bashing », « The Fall of France », le magazine en ligne récidive et signe un second article, évoquant cette fois « Comment la nation du coq est devenue une autruche ».

Beaucoup plus documenté, l’article s’appuie notamment sur un papier de la Commission européenne évoquant, selon le site, “la détérioration de la balance commerciale de la France et de ses niveaux de compétitivité, sur fond de dette publique vertigineuse“. La journaliste, Leah McGrath Goodman, s’en tient aux faits et montre comment l’horizon économique de la France s’est assombri ces dernières années, alors que « cela ne devait pas se passer ainsi ».

En fin d’article, elle retire les gants. “Il y a autre chose qui pourrait aider les Français: ne pas nier que leur pays est dans l’impasse“, écrit-elle en faisant allusion au tollé provoqué par le premier article de Newsweek. Elle se contente de répondre à un point relevé par un des nombreux détracteurs français de l’article. “L’un d’entre eux a remarqué: “si l’élite quitte la France, comment se fait-il que trois des six écoles MBA pour des dirigeants d’entreprises du Fortune 500 sont françaises?, écrit la journaliste. Qui répond: “Un bon point. En effet, comme les entreprises de Fortune 500 sont toutes basées aux Etats-Unis, pourquoi tant de dirigeants d’entreprises français traversent l’Atlantique pour faire fortune, plutôt que de rester en France?“.

Et de terminer son argumentaire: “Cette question fait partie des nombreuses auxquelles doit répondre la nation du coq devenue nation de l’autruche. Comme les Français le disent: “Voir venir.”” Ce que justement ils ne disent pas… Comme il l’avait fait pour « The Fall of France », Le Monde s’est appliqué à reprendre une à une les contre-vérités publiées dans l’article. A vous de juger.

Un an au Mali

Si la situation économique de la France ne fait pas rêver, il y a bien une chose qui a permis à François Hollande de redorer son image de leader: la guerre au Mali. C’est ce que rappelle The Christian Science Monitor dans un article-bilan, un an après l’envoi des troupes françaises. «L’intervention au Mali reste l’une des seules actions populaires que le Président Hollande ait réalisé depuis son arrivée au pouvoir en mai 2012», note le site d’information.

Si l’opération militaire est un succès en dépit de la mort de sept soldats français et l’exécution de deux journalistes en novembre, « cette tragédie soulève des questions sur la façon dont la paix durable peut être instaurée au Mali. Certains groupes djihadistes se sont regroupés, révélant la fragilité de la sécurité », affirme M. Tisseron, chercheur associé à l’Institut Thomas More, auquel le site a donné la parole.

Le journal, qui se montre assez pessimiste sur l’avenir politique du pays, rappelle que « les divergences politiques qui ont conduit au coup d’Etat en mars restent encore profondément enracinées et le Mali est embourbé dans la pauvreté et la corruption ». Moralité: “Mission accomplie pour la France, mais encore beaucoup à faire“.

Immigration

Le passé colonial de la France impacte la vie quotidienne des Français, comme le raconte Justin E. H. Smith dans le New York Times. Cet Américain installé à Paris est le témoin privilégié des discriminations à l’œuvre dans la capitale.

«Il est difficile de passer plus d’un jour en France sans entendre quelqu’un exprimer la conviction que les minorités ethniques sont le plus grand problème du pays, que la présence d’immigrants compromet l’identité de la France elle-même. Cette conviction est généralement exprimée sans aucune reconnaissance de la responsabilité historique du pays en tant que puissance coloniale ».

« L’égalité est, bien sûr, l’une des vertus à l’origine de la fondation de la République française, mais les critiques de la philosophie des Lumières derrière la Révolution ont révélées, depuis longtemps, un double standard : lorsque l’égalité est invoquée, il est entendu que c’est l’égalité entre égaux » note-t-il.

Dieudonné vs Valls

Le site Bloomberg revient pour sa part sur le match Valls/Dieudonné, s’étonnant que le gouvernement ait« érigé en héros des marginalisés et des mécontents un mauvais comédien » en tentant maladroitement de lutter contre l’antisémitisme. « La République a gagné » avait déclaré le ministre de l’Intérieur juste après l’interdiction du spectacle par le Conseil d’État.

La déclaration a choqué le média américain. « Aussi exagérée soit-elle, elle reflète précisément la gravité des actions du gouvernement qui mène une bataille pour la cohésion nationale, note Bloomberg. En ces termes de « nous contre eux », Valls se tient bravement du côté de “la République” et gagne des batailles en son nom. Dans la pratique, il est en train de jouer une comédie pas drôle en protestant contre une bannière parfaitement légitime: la liberté d’expression ».