Dans le New York Times, la vie pas rose d’une immigrée en France

Revue de presse. En plein débat sur l’immigration en Europe,  le New York Times publie un édito de l’essayiste américaine Mira Kamdar racontant son expérience d’immigrée en France. Dans son texte, elle utilise son passage à la préfécture de Seine-Saint-Denis pour critiquer la politique d’intégration française. Un peu tiré par les cheveux? A vous de juger.

Tout commence quand Mira Kamdar veut changer l’adresse sur son titre de séjour. “La préfecture de police de Seine-Saint-Denis à Bobigny gère 1.500 demandes d’étrangers par jour, et il n’y pas de salle d’attente séparée pour les Américains” , commence-t-elle par observer, ce qui lui permet de voir ce que les autres immigrés vivent quand ils ont affaire à l’administration française.

Elle décrit un système archaïque.“Cela a pris 6 mois, incluant deux journées entières à la préfecture, pour changer mon adresse, se plaint-elle. J’ai fait une demande en ligne en janvier, et on m’a donné un rendez-vous pour le 6 mars. Je suis arrivée tôt et on m’a dirigé vers une salle remplie. Alors que la journée passait, les parents essayaient de calmer leurs enfants et les bébés en pleurs. Nous savions tous que nous n’avions pas le choix: si nous voulions rester en France, il fallait attendre” .

“Maintenant, j’ai une idée de ce qu’ils (les demandeurs de carte de séjour en France ndlr) traversent”, croit-elle savoir.

“Exercice humiliant”

On pourrait lui répondre qu’on attend aussi dans une salle bondée quand on va demander un visa à l’Ambassade des Etats-Unis en France, mais pour l’auteure, qui vit entre Paris, l’Inde et les Etats-Unis, ces dysfonctionnements sont révélateurs des manquements de la politique d’intégration en France.

“La plupart des étrangers commencent par un permis d’un an. En principe, vous êtes éligible après cinq ans à un permis de 10 ans et vous pouvez faire une demande de citoyenneté. En pratique, de nombreuses personnes doivent renouveler leur permis de séjour chaque année. Un exercice humiliant qui fait qu’il est presque impossible pour elles d’obtentir un emploi permanent ou un crédit par exemple, ce qui pourrait les aider à s’intégrer.”

Mira Kamdar explique que cette attitude déssert ce qui pourrait être très positif pour la France : une migration massive bien organisée. “Le vrai problème, dit-elle, est l’attitude de la France envers les migrants. La droite populiste a fait monter l’hystérie en faisant croire que le pays allait être dirigé par des musulmans issus des anciennes colonies, analyse-t-elle. En fait, presque la moitié des immigrés qui sont arrivés en France en 2012 sont nés en Europe”.