Le New York Times descend Per Se

Voilà Per Se rhabillé pour l’hiver. Encensé par Sam Sifton du New York Times en 2011, le restaurant de Thomas Keller, qui figure parmi les meilleurs restaurants de la ville, a fait l’objet d’une critique sévère parue dans le quotidien le 12 janvier. C’est Pete Wells, le critique qui fait la pluie et le beau temps sur la scène culinaire new-yorkaise, qui la signe, rétrogradant le restaurant huppé de quatre à deux étoiles.

A chaque critique, un restaurant doit mériter ses étoiles. Dans sa forme et son prix actuels, Per Se n’est pas parvenu à le faire“, tacle-t-il qualifiant l’adresse d’ “hermétique et non-généreuse“. Nostalgique, il qualifie certains plats de « caoutchouteux et fades » ou encore une assiette à base d’huile et champignons de « marécageuse ».

Il met également en avant les prix très – trop – élevés, 3.000 $ pour 4 personnes, se demandant si « Per Se vaut réellement le temps et l’argent ». Mais ce sont les serveurs qui, sans aucun doute, en prennent le plus pour leur grade. «Quand j’ai demandé à voir la truffe servie à quelqu’un d’autre, on me l’a montrée pendant une nanoseconde, comme si le serveur avait peur que j’éternue dessus.” Auparavant comparés à des danseurs de ballet, ils seraient désormais des « joueurs de rugby » selon Pete Wells. “Des serveurs donnent l’impression que vous travaillez pour eux, et que votre travail est de vous sentir chanceux de ce que vous avez reçu“.

Dans cet océan d’adjectifs péjoratifs, le critique a tout de même salué certaines recettes et l’emplacement avantageux du restaurant, près de Central Park, ainsi que le décor. “Il est possible de passer un repas entier sans incident déplaisant, selon le critique, à part la présentation de l’addition“.