New York, capitale de la pétanque

Dylan Rocher établi un nouveau record aux côtés de Jean-Pierre Subrenat, président du New York Pétanque Club (crédit photo: Fanette Bon)

A New York, la pétanque a ses ambassadeurs, La Boule new-yorkaise et le New York Pétanque Club. Ces deux clubs de passionnés ont accueilli ce week-end le champion du monde, Dylan Rocher, pour trois jours de promotion du sport français.

“On dirait du curling, sans la glace.” Matthias observe sur le bord du terrain de pétanque les joueurs des clubs new-yorkais de ce sport bien français. “Je n’y connais rien mais ça ressemble à la bocce italienne”, renchérit Daaren, un touriste australien. A l’ombre des platanes de Bryant Park, les pétanqueurs répondent aux questions des curieux. Ce vendredi, les deux clubs de New York organisent une journée de démonstration pour présenter leur sport aux Américains.

Une journée de promotion dans l’antre de la pétanque à New York. “Ca fait vingt ans qu’on propose de la pétanque à Bryant Park”, explique Jérôme Barth, vice-président du parc. “C’est un élément important qui contribue à donner vie au lieu.” Tous les jours, de 11h à 18h, le club La Boule new-yorkaise investit les deux terrains et propose des leçons gratuites. Cinquante à soixante personnes répondent présentes chaque jour. “Les deux-tiers sont des habitués mais nous parvenons à intégrer de nouvelles personnes, c’est un jeu qui peut plaire à tout le monde”, s’enthousiasme Jérôme Barth.

La preuve, à La Boule new-yorkaise, 30 % des joueurs seulement sont Français. L’autre club de la ville, basé à Brooklyn, le New York Pétanque Club, réunit autant de Français que d’Américains. Cet intérêt des New-Yorkais n’étonne pas Jean-Pierre Subrenat, président du club brooklynite. “C’est un sport à la fois convivial et facile à apprendre. On parvient vite à avoir des résultats, même si pour avoir des bons scores il faut s’entraîner. C’est un sport immédiat, tous les débutants ont des résultats, ça motive”, explique Jean-Pierre Subrenat, arborant les couleurs de son club. “Et puis la pétanque est beaucoup plus intéressante que le base-ball où l’on s’ennuit, ou le hockey où l’on ne voit rien”, plaisante-t-il.

Plus intéressant peut-être, mais qui doit encore faire ses preuves avant de remplir le Yankee Stadium. Le New York Pétanque Club compte 60 joueurs licenciés, la Boule 80. En tout, environ 2500 passionnés sont licenciés à travers les Etats-Unis. Alors ce weekend c’est opération séduction à Bryant Park. Les clubs accueillent le champion de France et du monde toutes catégories (en un contre un, en doublette ou en triplette), Dylan Rocher, 20 ans tout rond et un visage d’ange. On est loin du stéréotype du papi cigarette au bec et verre de Pastis à la main. “C’est important que les gens voient un jeune joueur de ce niveau, c’est exceptionnel, il y en a un tous les dix ans”, s’enthousiasme Jean-Pierre Subrenat.

En fin d’après-midi, entre deux parties, Dylan Rocher seul sur le terrain, s’apprête à établir un record aux Etats-Unis : tirer le maximum de boules sur 100, en un minimum de temps. Dix boules sont alignées, à une dizaine de mètres du champion. Xavier Thibaud du club brooklynite chauffe la public au micro. Sous les applaudissement de la vingtaine de spectateurs, Dylan Rocher dégomme les boules de métal une par une : 97 sur 100 en 7 minutes 28. Un score satisfaisant pour Dylan, devenu le temps d’un weekend l’ambassadeur de son sport aux Etats-Unis.“J’espère que la pétanque va s’exporter dans plusieurs pays, notamment ici”, pointe le joueur. “Je suis fier d’être l’un des premiers boulistes à venir à New York. C’est incroyable de jouer aux boules entre les buildings, ça change du vieux port”, sourit-le jeune champion.