Négar Djavadi remporte le Prix Albertine 2019

De gauche à droite : Lydia Davis, romancière et traductrice renommée, Négar Djavadi auteure lauréate de "Désorientale", Tina Kover, traductrice lauréate et François Brusnel, présentateur télé et critique littéraire qui animait une discussion lors de la cérémonie. Crédit : Ian Douglas

« C’est un prix qui me touche d’autant plus qu’il ressemble au livre, parce qu’il est un peu à cheval entre deux cultures, entre deux langues », a déclaré émue Négar Djavadi, auteure du livre Désorientale (Disoriental en anglais) et co-lauréate du prix Albertine 2019 remis mercredi 5 juin à New York.

Cette récompense, créée en 2017 par les Services culturels de l’ambassade de France et attribuée par les lecteurs et un comité de sélection, met chaque année en lumière des auteurs francophones contemporains traduits en anglais. Désorientale (éd. Europa) raconte l’histoire de Kimiâ, une jeune femme iranienne exilée à Paris depuis ses dix ans qui revisite ses souvenirs de jeunesse à Téhéran, entre révolution politique et drames familiaux, dans la salle d’attente d’une clinique d’insémination parisienne.

« En explorant les nuances à l’intersection des cultures de l’est et de l’ouest dans Désorientale, Négar Djavadi a mis en lumière l’une des nombreuses facettes de la culture française », a salué Bénédicte de Montlaur, conseillère culturelle de l’ambassade de France, avant de remettre le prix.

Cette année, quelque 2.000 lecteurs américains ont voté parmi les cinq auteurs nominés : Nathacha Appanah pour son livre En attendant demain (Waiting For Tomorrow dans sa version anglaise), Gaël Faye pour son roman Petit pays (Small Country), Leïla Slimani pour Chanson douce (The Perfect Nanny), Eric Vuillard pour L’Ordre du jour (The Order of the Day) et le roman vainqueur de Négar Djavadi.

« Un prix du public, c’est toujours très particulier. C’est toujours très émouvant de se dire que les gens ont lu votre livre, qu’ils l’ont aimé et qu’ils ont pris le temps de voter pour celui-ci », a souligné cette dernière.

L’écrivaine et scénariste venue de Paris pour recevoir le prix s’est dit très heureuse de le « partager » avec Tina Kover, la traductrice de son roman. « Si je suis là, si on est là, c’est grâce à Tina dans le fond, parce que c’est grâce à elle que le livre a pu voler dans le monde anglo-saxon », a-t-elle applaudi.

A sa suite, Tina Kover venue quant à elle du Royaume-Uni s’est dit « fière » d’exercer ce métier : « A une époque où prédominent la division, la construction de murs et la dissolution des unions, c’est un grand privilège et une grande responsabilité d’être un traducteur et de maintenir les canaux de communication et de compréhension entre les cultures. »

Pour la première fois cette année, les Services culturels de l’ambassade ont également décerné trois Prix Jeunesse aux livres Le petit fantôme qui voulait qu’on le voie (The Lonely Little Ghost) de Bénédicte Guettier dans la catégorie 3-6 ans, Le Prince Tigre (The Prince Tiger) de Chen Jiang Hong pour les 7-9 ans et Mireille (Cloud Chaser) d’Anne-Fleur Drillon et d’Eric Puybaret dans la section 10-11 ans. « Il n’est jamais trop tôt pour éduquer la jeunesse au plaisir de la lecture », a conclu Bénédicte de Montlaur.