Comment Daniel Bohbot a rhabillé les “hot mamas” de Californie

Derrière la façade anonyme d’un entrepôt de Beverly Boulevard se cache le royaume coloré de Daniel Bohbot. Ce Français est le créateur de la marque Hale Bob, lancée en 2001 à Los Angeles. Un label devenu le chouchou des Californiennes et des stars d’Hollywood, adeptes d’une mode “hippie chic” et confortable.

Parmi ses afficionadas, le designer compte Eva Longoria, Salma Hayek, Heidi Klum, Sharon Stone ou encore Amal Alamuddin, la femme de George Clooney. Les tenues du créateur sont également apparues à l’écran dans la série Desperate Housewives ou lors du Ellen DeGeneres show.

Daniel Bohbot a imprimé sa marque dans la mode californienne en étant l’un des premiers à créer des tops haut-de-gamme (entre 120 et 300 dollars) luxueux et décontractés. “Il y a 15 ans, le jean premium était la grande tendance”, explique-t-il, assis confortablement dans l’un des fauteuils de son grand bureau lumineux. “J’ai eu envie de décliner le concept en créant de jolis hauts de qualité, faciles à porter. Le succès a été immédiat”, se souvient l’entrepreneur, à la tête d’un petit empire de 40 millions de dollars.

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C’est aux côtés de son frère et de sa belle-soeur, Marc et Michèle Bohbot, PDG de la marque de vêtements Bisou Bisou, implantée aux Etats-Unis en 1989, que Daniel Bohbot a fait ses armes dans le monde de la mode. “J’étais chargé de la distribution en France. Pendant longtemps, j’ai multiplié les voyages entre les deux continents. Ce n’est qu’au début des années 2000, lors de vacances en famille, que je suis tombé fou amoureux de la Californie.”

Six mois plus tard, la famille s’installe à Los Angeles, capitale américaine du sportswear et du denim, où de nombreux Français du monde de la mode ont déjà fait fortune. “C’est ici que Guess et BCBG ont démarré” rappelle, rêveur, le patron de Hale Bob.

Cool californien et mode ethnique

Tuniques amples et colorées, tissus imprimés d’arabesques, perles et brillants brodés à la main… Tout en étant influencés par “le cool californien”, les modèles de Daniel Bohbot reflètent aussi les origines méditerranéennes de ce Franco-Marocain, né à Casablanca, “une ville située à la même latitude que Los Angeles“, s’amuse-t-il.  

“J’aime tout ce qui est métissé. Je suis aussi très sensible à l’art. Je m’inspire beaucoup de l’Alhambra en Espagne et des mosaïques marocaines”, explique le designer en nous faisant faire le tour de ses studios. Une cinquantaine d’employés y travaillent, auxquels Daniel Bohbot s’adresse dans un joyeux mélange d’anglais, de français et d’espagnol.

“Tout est conçu à Los Angeles mais 90% de la production se fait à Shanghai. Les 10% restants  sont de petites commandes ou des produits spéciaux que nous fabriquons ici à L.A. Il faut aussi savoir que 56% de ma distribution est européenne”, ajoute cet ambitieux patron, qui sort chaque mois de 35 à 40 nouveaux modèles.

Un vêtement pour un vaccin

En plus de Hale Bob, Daniel Bohbot a créé une ligne plus jeune baptisée Liberty Garden, dont il a récemment présenté la nouvelle collection printemps-été 2016.

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“La marque Hale Bob, qui est vendue chez Bloomingdales, c’est pour la “hot mama”, la jeune maman active et sportive, tandis que Liberty Garden, que l’on retrouve chez Anthropologie, s’adresse plutôt aux étudiantes”, explique-t-il. “Pour créer cette nouvelle ligne, j’ai tenu compte des aspirations de la jeune génération, beaucoup plus concernée par le monde qui l’entoure. J’ai remplacé les matières d’origine animale par du faux-cuir vegan et des fausses fourrures.”

Daniel Bohbot s’est aussi lancé dans un projet humanitaire en partenariat avec Médecins Sans Frontières. “Chaque vêtement Liberty Garden acheté permet de de subventionner l’achat d’un vaccin contre la malaria, un peu sur le modèle de Tom’s (une célèbre enseigne de mode éthique). 80 000 vaccins ont ainsi déjà été distribués.