Mobilisation pour les programmes bilingues de Miami

Les supporters de l’éducation franco-américaine à Miami ont commencé l’année avec une mauvaise surprise: la perspective de voir disparaitre les trois programmes homologués par l’Education nationale dans le comté de Miami-Dade.

L’association de parents d’élèves FIPA (French International Programs Association) a mis en ligne une pétition contre le possible retrait de l’homologation des programmes français-anglais de Sunset Elementary Public SchoolGeorge Washington Carver Middle School et d‘ISCH, des écoles publiques qui accueillent des programmes bilingues reconnus par l’Education nationale.

Ces écoles ont reçu un dossier de première homologation émanant du ministère de l’Education nationale alors que cette homologation était reconduite de manière tacite depuis une trentaine d’années.

La pétition en français avait recueilli 2.250 signatures mardi soir, dont celles de plusieurs élus des Français de l’étranger, et la pétition en anglais 2.165. Sans compter les plus de 3.200 “likes” sur les pages de soutien sur Facebook.

L’administration veut que la majorité du temps d’enseignement soit désormais fait en français et que les professeurs soient diplômés en France. Or c’est impossible car ces programmes sont hébergés dans des écoles publiques américaines et que le comté, qui paie déjà les professeurs depuis que la France a cessé d’en envoyer, ne peuvent pas les faire venir de France. Miami Dade ne peut pas être sponsor de visas” , tonne Roger Pardo, président de FIPA.

Un millier d’élèves sont actuellement scolarisés dans ces programmes gratuits dits “International Studies” (IS), qui servent notamment les enfants de familles françaises expatriées souhaitant suivre un enseignement en français dans le système public américain. La France envoyait des enseignants dans ces programmes pour les faire vivre, mais ces échanges ont été interrompus en 2012 en raison de “coupures budgétaires successives” et le comté procède depuis à des recrutements locaux.

Roger Pardo craint qu’un retrait de l’homologation pénalise les élèves qui y sont scolarisés, en rendant impossible la reconnaissance de leur niveau en cas d’un éventuel retour en France. “C’est d’autant plus incompréhensible que le gouvernement est en train de mettre en place à New York ce système qui a fait ses preuves mais le détruit à Miami” , déplore le président de FIPA.

Il profite du bras-de-fer pour demander aussi l’homologation d’un autre établissement de la région, Coconut Grove Elementary, qui demande la reconnaissance par l’Education nationale depuis cinq ans.

Du côté de l’Ambassade de France, on relativise. “Dans le cas d’espèce, il y a incontestablement une situation à corriger visant à faire rentrer les établissements concernés dans le droit commun : l’homologation avait été accordée dans le passé à certains des programmes de ces écoles et non aux établissements eux-mêmes comme c’est la règle” , explique Arnaud Guillois, porte-parole à l’Ambassade.

La procédure actuelle n’en est qu’à un stade préliminaire et nul ne peut préjuger de son résultat. Les décisions d’homologation seront prises lors de la prochaine commission nationale d’homologation à Paris qui doit se tenir au mois de mai. Bien évidemment la commission devra prendre en compte l’ensemble des critères de l’homologation mais il est clairement prématuré de parler, à ce stade de l’instruction des dossiers, de “volonté de déshomologation” , poursuit-il dans un e-mail.