Mobilisation à New York pour le naufragé breton de l’Alaska

 

Les images ont fait le tour du monde. Un marin, agrippé à la proue de son navire en perdition, qui plonge au péril de sa vie sur un brise-glace venu lui porter secours dans une mer déchainée, au large de l’Alaska. Nous sommes le mardi 20 octobre.

Ce rescapé, c’est un Rennais de 28 ans appelé Manu Wattecamps-Etienne. L’Amazonie, Terre-Neuve, le Cape Horn, Hong Kong, le mythique passage du Nord-Ouest entre les océans Atlantique et Pacifique: le Français, vrai aventurier des mers, épris de liberté, sillonne le monde en bateau depuis 2007.

Il y a des gens qui sont nés pour être prêtre, c’est une vocation. Ils sont appelés par Dieu jusqu’à la mort, au prix de nombreux sacrifices. J’ai pris conscience que, pour moi, cela serait la même chose. La mer est tellement présente dans ma vie que je vis pour naviguer maintenant” , dit-il.

Ce mardi 20 octobre, son bateau, la Chimère, est pris dans une forte tempête. Certains medias font état de vagues de 20 mètres de haut. Le Breton déclenche sa balise de détresse. Un appel auquel répond heureusement le brise-glace Tor Viking. Le marin abandonne son navire en détresse, non sans sa chatte, Pipalup, actuellement aux mains des douanes américaines qui s’occupent de lui administrer les vaccins requis par la loi. “La peur n’était même pas une priorité, je me disais que j’étais en train de perdre mon bateau. C’était toute ma vie, dix ans de labeur. Je mettais tous les centimes que j’avais dans ce bateau. Dedans, il y avait des souvenirs de mes tours du monde” , se souvient Manu Wattecamps-Etienne.

L’association des Bretons de New York BZH organisait, lundi 2 novembre, un diner au restaurant OCabanon avec ses membres pour rencontrer le miraculé et faire connaitre sa page de crowdfunding sur la plateforme GoFundMe. Celle-ci doit lui permettre de lever des fonds pour acheter un nouveau bateau. Près de 7.000 dollars ont été récoltés en onze jours.

Laurent Apollon, un passionné de voile membre de BZH, l’a fait venir à New York. “On n’a pas hésité une seconde, indique Simon Herfray, le co-président de l’association. Quand on a eu cette nouvelle-là, on s’est dit: qu’est-ce qu’on fait? On a pris en charge sa venue à NYC. Des membres de BZH l’hébergent…” Manu Wattecamps-Etienne le promet: il reviendra aux Etats-Unis… en bateau.