Les programmes bilingues veulent de l’argent -le vôtre

Il faut de l’argent. Ce n’est pas de la magie“. Fabrice Jaumont veut de l’argent et ne s’en cache pas.

L’attaché de coopération éducative de l’Ambassade de France aux Etats-Unis est derrière une campagne de levée de fonds sans précédent qui sera lancée le 5 décembre pour financer le développement de programmes bilingues français-anglais dans les écoles publiques new-yorkaises. Objectif: récolter 2,8 millions de dollars sur cinq ans auprès de la communauté française et francophile, 600.000 la première année. « On ne va pas faire autant que le Lycée français en un soir, admet-il. Chaque école a de gros besoins. Il y a des parents désespérés de ne pas avoir de solution pour une scolarité bilingue“, insiste-t-il.

Le nombre d’écoles publiques new-yorkaises accueillant un programme d’immersion français-anglais s’élève à huit aujourd’hui (dont deux middle-schools). Mille élèves sont actuellement inscrits dans un programme franco-anglais gratuit, selon l’Ambassade. Les supporters de tels programmes pourront faire leur don via une plateforme de financement participatif, qui sera mise en ligne le 5 décembre. Un courrier de sollicitation sera envoyé aux familles. Entreprises et fondations seront également démarchées, précise M. Jaumont.

On a toujours eu beaucoup de soutien de la part de l’Etat. Les parlementaires puisent dans leur réserve parlementaire. Mais les besoins sont dix fois plus importants“. Les fonds récoltés doivent servir à l’achat de matériel pédagogique, le financement de bourses pour la formation des enseignants, le développement des programmes existants et l’implantation de nouveaux programmes dans les zones défavorisées. L’argent sera ventilé par la fondation FACE (French American Cultural Exchange), partenaire de l’opération, en fonction des besoins. M. Jaumont espère que l’effort permettra d’offrir aux jeunes new-yorkais une scolarité bilingue de la maternelle à la Terminale.

On n’a jamais fait une telle campagne, souligne Fabrice Jaumont. La communauté française voit les programmes comme une bonne chose. Il faut à présent traduire cet enthousiasme en fonds“.