Microbe et Gasoil : Michel Gondry retourne dans son adolescence

Theophile Baquet, Michel Gondry et Ange Dargent assistent a l'avant-premiere de Microbe et Gasoil au Mk2 Bibliotheque a Paris, France, 2 Juillet 2015. Photo by Aurore Marechal/ABACAPRESS.COM | 507550_005 Paris France

Michel Gondry nous fait voyager dans l’univers de deux ados à la marge dans son dernier film Microbe et Gasoil (Microbe and Gasoline) qu’il a présenté au New York Film Festival dimanche 4 octobre. Interview.

Microbe et Gasoil c’est l’histoire de ces deux ados qui voient les vacances d’été arriver et décident de créer leur propre voiture-maison et partir pour une escapade autour de la France pour fuir leurs familles.

Après le succès de L’écume des jours, Michel Gondry signe ici un film drôle, touchant, très intime. Sa propre adolescence est sa première source d’inspiration : « J’ai eu envie de faire un film plus intime, de parler de mon univers et pas de l’univers de quelqu’un d’autre. Je voulais quelque chose qui soit entièrement personnel ».

Le film traduit un de ses rêves d’adolescent : créer une voiture et parcourir la France avec avec un ami : « On avait cette ambition de construire cette voiture et de traverser la France qui ne s’est jamais réalisée et je me suis dis pourquoi pas utiliser la réalité d’un film, le monde qu’on y invente pour pouvoir réaliser ce rêve ».

Les deux personnages principaux viennent eux aussi de la jeunesse du réalisateur. Microbe est mal dans sa peau, il se sent différent et passe son temps à dessiner. C’est le double adolescent de Michel Gondry : « c’est moi à 100% à cet âge. J’étais plus proche des filles que des garçons, ma famille était assez laxiste, j’étais déjà artiste, ma mère était déjà assez dépressive et mon père absent ».

Gasoil lui c’est un bricoleur très créatif qui cherche à fuir ses parents sinistres. Ce personnage est inspiré d’un ami de Michel Gondry, « son père était assez cruel avec lui, il bricolait bien, il avait un sens de la mécanique assez poussé et était détesté par les gens de la classe ».

Microbe et Gasoil sont rejetés par leur classe, ils n’aiment pas la technologie, utilisent un langage décalé et n’aiment pas la musique que les autres écoutent. C’est cette image d’adolescents à la marge qui a intéressé le réalisateur : « c’est ce que j’ai vécu, je ne suis pas très intéressé de voir des ados qui représentent la norme ou qui parlent un langage très grossier, très agressifs ou alors qui sont d’un milieu très bourgeois antipathique ».

Le film est fidèle à l’adolescence du réalisateur jusqu’au lieu du tournage, Versailles, où il a grandi, « On a même tourné dans la maison de mes grands parents qui était face à notre maison et qui était identique à la notre. On a tourné dans beaucoup de lieux dans lequel j’ai circulé à cet âge là ».

Présenter ce film à New York c’est pour le réalisateur une manière de montrer aux États-Unis ce que c’est d’être adolescent en France, de partager une autre culture : « C’est un peu pareil quand moi je regarde des films sur la jeunesse américaine, il y a une différence de culture qui ressort et je pense que c’est intéressant (…) ce n’est pas vraiment le reflet d’une adolescence typique mais bon il y a quand même l’environnement qui est typique de la France ».

(Microbe et Gasoil est sorti en France en juin. Il n’est pas encore distribue aux Etats-Unis.)