Mes vacances à Central Park, ou la vie d’un illégal à New York.

Olivier est parti à New York parce qu’il le fallait. « Je vendais de l’espace publicitaire pour une grosse chaîne de télévision, ma vie était facile, j’avais mes points de repère, mes amis, ma copine, mon appartement, mais plus je m’approchais de mes 30 ans, plus la probabilité d’un départ diminuait. Il fallait partir avant que je ne me retrouve accroché définitivement à cette vie qui ne me convenait pas complètement, lever l’ancre et laisser le bateau filer au gré du vent, à la recherche de ma vraie passion».

Olivier est illégal depuis plus de deux ans maintenant, et n’est jamais rentré en France de peur de se faire arrêter par l’immigration à son retour. Même si c’est une situation qui ne le déprime pas, il est bien conscient qu’il arrive à un tournant dans son aventure. « Il va falloir que je prenne une décision. Soit je rentre en France en ayant l’impression d’avoir tout donné, soit je reste ici car j’y vois un avenir professionnel qui me correspond. J’ai 31 ans, je travaille sans papiers comme barman dans un restaurant français et je gagne bien ma vie. Mais ce n’est pas comme cela que je désire vivre, ça ne peut plus durer ». Il attend son break, il est prêt à saisir sa chance quand elle se présentera, mais il sait aussi qu’un jour où l’autre, il faudra dire stop et passer à autre chose.

« J’ai besoin d’aide car pour la première fois de ma vie, je me sens complètement bloqué. La situation est pourtant claire, mais cela ne m’empêche pas de la vivre en plein brouillard. J’ai perdu des couleurs, j’arrive en bout de course et il faut que je me relance d’une façon ou d’une autre ». Qu’est ce qui vous bloque ? « D’un côté mon intuition me dit de rester, que ma chance va passer, que quelque chose de grand va m’arriver. Et d’un autre côté la réalité de la vie me dit que je peux retrouver le même travail que j’avais à Paris assez facilement, et en toute légalité ». Qu’est ce qui peut vous débloquer ? « Je sais que je dois changer quelque chose dans ma façon de faire, mais je ne sais pas quoi. Ce que je sais, c’est que je ne veux plus passer mes vacances d’été à Central Park ! ».

Il y a autant de techniques différentes pour débloquer une situation difficile et douloureuse qu’il y a de clients qui veulent s’en sortir. Concernant Olivier, je lui demande d’abord de faire un point sur son parcours depuis qu’il est à New York car je sens bien qu’il ne voit pas ce qu’il a déjà réussi à accomplir. « Cela m’a fait du bien ce retour en arrière. En effet, je peux me féliciter car avec les moyens du bord, je m’en suis plutôt bien sorti. Cela me montre que j’ai le courage et la persévérance nécessaires pour réussir un pari comme le mien ». Ensuite, je lui suggère de s’imposer une deadline quant à la prise de sa décision finale. Le but est de ne plus regarder trop loin dans l’avenir, cela ne peut lui apporter qu’un surplus d’angoisse et de confusion. « Si à la fin de l’année, je ne me considère pas sur de bons rails, je rentre à Paris, heureux et surtout pas défaitiste. C’est incroyable comme me concentrer uniquement sur les 6 prochains mois, tout d’un coup, me donne des ailes ! ».

Comme vous semblez enfin y voir un peu plus clair, dites moi quel est selon vous le frein numéro un à vos aspirations, à part vos papiers qui ne sont pas en règle bien sûr. « L’isolement. Je me suis laissé enfermer dans cet univers de la restauration qui ne sera jamais le mien, même si il m’a permis de survivre. Je n’ai fait aucun effort pour élargir mon cercle de connaissances qui ne tourne autour que de Français. Je suis sûrement passé à côté de pleins d’opportunités ». Quelle est la solution à votre isolement ? « Le networking comme on dit ici. La solution était au bout de mon nez, comment ne pas l’avoir vu avant ? La seule personne que je connaissais à New York quand je suis arrivé est un vieil ami de mon père, un banquier installé dans l’Upper East Side. C’est le premier à m’avoir parlé de l’importance du networking, d’aller de soirées en soirées pour se présenter et se faire connaître, pour échanger des contacts et des idées. Il m’a invité plusieurs fois, mais cela m’a vite ennuyé. Je vais lui passer un coup de fil, il n’est jamais trop tard pour bien faire ».

Alors qu’Olivier se trouvait dans une situation confuse, Il vient déjà de trouver le début d’une direction qui devrait lui permettre d’avancer vers son but. Lorsque l’on se sent bloqué car paralysé par l’enjeu, il est important de savoir qu’il y a toujours une réponse à nos questions, réponse souvent si simple que l’on ne s’imagine pas qu’elle puisse être la solution à nos problèmes. Pour cela, il faut arrêter de courir dans tous les sens, prendre le temps de regarder le chemin parcouru, faire un bilan de ce qu’il reste à accomplir, se demander si c’est réaliste et si cela l’est, se donner une date limite pour y parvenir. Tout d’un coup, ce qui nous paraissait être le mont Everest ne ressemble plus qu’à une colline, bien loin d’être insurmontable.

Olivier pris un peu plus de temps que les six mois qu’il s’était octroyé pour trouver son chemin. Lors d’un dîner chez des amis d’amis, il rencontra un jeune photographe de mode très talentueux donc très convoité, en quête d’un agent. Un vrai coup de foudre. Ils se sont compris en 10 minutes et depuis, sont dans le top 5 de leur profession. « Connaître par cœur tous les coins et recoins de Central Park me donne un avantage certain lorsqu’il faut faire des repérages pour nos photo-shoots » ne peut s’empêcher d’ironiser Olivier, avec tout de même, en arrière plan, un petit brin de nostalgie.

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