Mélanie Laurent: “Le tournage de Demain a changé ma vie”

Près d’un million de spectateurs dans les salles françaises, le César 2016 du meilleur documentaire et un engouement qui traverse les frontières: Mélanie Laurent et Cyril Dion n’auraient pu rêver mieux pour leur documentaire “Demain”, sorti le 2 décembre dernier.

Les deux Français étaient à l’ONU, jeudi, pour le présenter. Nathalie Baye et Dominique Beshneard, venus pour participer au festival Focus on French Cinema du 1er au 5 avril, avaient fait le déplacement. Mais pas Leonardo DiCaprio, dont l’agenda n’a pu lui permettre d’être là. “Son équipe est déjà au courant de notre existence, précise Mélanie Laurent, ce serait sympa de pouvoir se rencontrer, d’unifier nos idées et nos envies de faire des choses, parce que des artistes engagés, il n’y en a pas tant que ça.

Plutôt que d’effrayer le public en annonçant des scènes apocalyptiques qui peuvent entraîner l’effroi et le déni, “Demain” se veut résolument positif. Il braque les projecteurs sur des solutions concrètes et efficaces, à la portée de tous, inventées par des éco-conscients à travers le monde. On y découvre ainsi de nouvelles techniques d’agriculture biologique, le recyclage généralisé des déchets, le développement d’énergies renouvelables ou encore de la démocratie participative, des Etats-Unis à l’Inde en passant par l’Islande et la France. “Les gens s’en emparent, s’enthousiasme le réalisateur et écrivain Cyril Dion. Ils nous envoient des messages pour nous expliquer tout ce qu’ils font dans leur vie personnelle. Des ambassadeurs à l’ONU pour le climat se servent du film pour appuyer leurs démarches et des élus nous demandent de venir dans leurs agglomérations.

Ce tournage a changé ma vie, il a changé la vie des techniciens et de toute l’équipe, glisse Mélanie Laurent. Il ne peut pas y avoir de retour en arrièreCela passe par des gestes au quotidien mais aussi, comme moi, apprendre à cesser de s’énerver contre les gens qui s’en foutent de tout ça. Et puis, après avoir fait la route des burgers, à la fin du tournage, on est devenus végétariens”, plaisantent-ils en choeur.

Les deux réalisateurs ne découvrent la problématique de la défense de la planète: Cyril Dion est un militant écologiste qui a co-fondé avec Pierre Rabhi le mouvement Colibris en 2007. Mélanie Laurent, elle, s’est intéressée à ces questions dès son adolescence et s’est engagée pour Greenpeace, avec laquelle elle a notamment découvert la déforestation et la sur-pêche.

Les deux réalisateurs travaillent en ce moment à une adaptation de leur film pour France Télévisions sous la forme d’une série documentaire de cinq fois 52 minutes. “C’est une façon d’utiliser la matière que l’on n’a pas pu monter, explique Cyril Dion, et d’ajouter éventuellement des séquences pour approfondir chaque thématique, à savoir l’éducation, l’agriculture, l’énergie, l’économie et la démocratie.

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