Maylis Lacoste de Lareymondie, Wall Street côté cuir

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Lareymondie 

310 West Broadway 

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La bourse ou la botte ? Maylis Lacoste de Lareymondie a choisi son camp.

En 2013, l’année de ses 30 ans, cette ancienne “tradeuse” à Wall Street a décidé de remettre en selle sa carrière, et de lancer sa marque de bottes et de chaussures en cuir de luxe. “Les gens autour de moi ont pensé que c’était de la folie, mais ils m’ont soutenue”, raconte cette cavalière confirmée, fluette et élégante en jean slim noir et talons hauts, et qui vit entre Manhattan et les Hamptons.

Le déclic, Maylis Lacoste de Lareymondie l’a eu après que plusieurs personnes l’ont complimentée sur ses bottes de cheval, qu’elle portait pour aller travailler. Pas n’importe quelles bottes : des chaussures en cuir sur-mesure, confectionnées par un “maitre bottier de Saumur”.

Maylis Lacoste de Lareymondie quitte alors la société de brokerage qui l’employait, et lance sa marque depuis New York. Elle la baptise Lareymondie, en hommage à sa famille de sang bleu du sud-ouest de la France.

Cette diplômée de l’école de commerce de Bordeaux commence par se spécialiser dans les bottes sur-mesure pour femmes. C’est son maitre bottier qui en assure la confection. “Une paire de bottes, c’est 150 heures de travail. Elles sont faites à la main, avec du cuir qui vient des tanneries d’Hermès. Plus il vieillit, plus il est beau.”

Dans la foulée, elle imagine une gamme de chaussures de ville pour les hommes made in France. Se rendant compte aussi qu’une certaine clientèle masculine new-yorkaise a du mal à trouver des chaussures plein cuir à l’européenne, type Weston, Crockett & Jones ou Berluti, elle créée des modèles de ce style, loin des confortables chaussures de ville américaines et leurs semelles en caoutchouc, leurs bouts carrés ou leurs gros lacets.

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Ses premiers clients sont ses anciens collègues de Wall Street et des connaissances de son réseau, tissé depuis son arrivée à New York en 2007 comme VIE à la Société Générale. Peu à peu, les modèles Lareymondie s’étoffent, avec des mocassins, des bottines pour femmes et des loafers (chaussons de luxe).

Maylis Lacoste de Lareymondie les vend en ligne et, depuis l’année dernière, à la Public Factory, un concept store à SoHo, où ses souliers sont présentés dans un corner, sur des étagères en bois. “Les ventes se développent bien. Nos clients, ce sont les gentlemen typiques de New York, qui aiment le bespoke, les beaux souliers. J’ai aussi toute une clientèle européenne, et des jeunes d’une trentaine d’années intéressés par les prix. Pour cette qualité, on ne trouve pas mieux !”

Et comme le “vrai” luxe est rare et unique, Lareymondie a une botte secrète: la possibilité de personnaliser sa chaussure, de choisir la largeur du pied, la couleur, la patine… Comptez environ 675$ pour les modèles masculins. “Je vais aussi bientôt lancer des stilettos. La personne pourra choisir sa patine, par exemple pour l’accorder à son sac à main, et les faire graver”, poursuit Maylis Lacoste de Lareymondie.

Pour l’instant, elle ne vend qu’aux Etats-Unis, mais elle songe à s’implanter bientôt à Paris, et discute avec un grand magasin de luxe à New York.

Regrette-t-elle les marchés financiers et les produits dérivés ? Pas une seconde. “Créer une marque, c’est sûr que ça prend du temps, mais je ne regrette pas du tout. C’est très créatif. Et j’ai aussi ce sentiment de faire plaisir à mes clients – c’est beaucoup plus satisfaisant d’un point de vue humain.” En voilà une qui a trouvé chaussure à son pied.

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