Les mannequins intelligents d’Euveka préparent leur invasion américaine

Audrey-Laure Bergenthal, présidente fondatrice d’Euveka à SXSW 2018

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Fini le mannequin taille unique ! C’est de ce postulat qu’est partie l’idée d’Euveka. Créée en 2011 à Valence, le start-up spécialisée dans les technologies robotiques liées à la morphologie et au bio-mimétisme se lance à la conquête des Etats-Unis en ouvrant prochainement un centre de logistique et de maintenance technique à Austin et un bureau à New York.

La jeune pousse, qui cible l’industrie textile, a développé des mannequins-robots évolutifs et connectés qui permettent de modéliser tous les types de morphologies. Elle vient de signer des contrats avec des grandes marques de mode et de sport américaines (dont les noms sont tenus secrets pour le moment).

« L‘idée est venue à force d’entendre ma mère, très belle femme, se plaindre de ne jamais trouver de vêtements à sa taille » explique Audrey-Laure Bergenthal, présidente et fondatrice de la société. Après quelques recherches, elle s’aperçoit que le secteur de la mode n’a pas subi de révolution majeure liée à l’automatisation et suit toujours les mêmes procédés manuels des temps anciens « Il fallait mécaniser cet objet qui n’avait pas changé depuis 1880 ». A présent, il suffit de rentrer les mesures et le mannequin les prend automatiquement. « On peut passer de Kate Moss à Kim Kardashian en un clin d’œil. »

La jeune femme, ancienne juriste en propriété industrielle, qui « ne connaissait rien à la mode », se destinait à être avocate. Admise à Harvard Law School, elle a préféré décliner pour suivre son idée. A la place, elle fait un BTS de stylisme modélisme et travaille dans plusieurs maisons de mode pour apprendre toutes les facettes du métier « J’ai fait tous les métiers de la mode. Mais là où je suis la meilleure, c’est pour faire en sorte que le vêtement tombe bien et s’adapte aux morphologies. »

« Cela a été un long chemin pour en arriver là ». En effet, il a fallu près de sept ans de recherches et de développement entre le premier brevet en 2010, le premier prototype en 2013 (qui a permis une levée de fonds d’un million d’euros fin 2015 et l’installation de l’atelier dans la Drôme) et la sortie du premier robot en février 2017. Mais depuis le succès ne se dément pas et a précipité l’implantation de la société aux Etats-Unis. Ses clients sont les grands noms du luxe (prêt-à-porter et haute couture), de la mode et du sport: « Les marques sont venues nous chercher. On ne pensait pas s’internationaliser si vite. On a fait la tournée des salons de mode et on en est ressorti avec un carnet de  commande de 400 mannequins à travers le monde. »

Outre l’ouverture du bureau new-yorkais prévu le 2 janvier 2019, la marque prévoit d’en ouvrir un autre à Los Angeles dans la foulée. “L’objectif est de pouvoir livrer début 2019.” 

La société qui emploie 30 personnes mais prévoit de doubler ses effectifs d’ici la fin de l’année, a fait une levée de fonds de 2,4 millions d’euros il y a un an. De nouveaux débouchés se profilent déjà pour ce mannequin d’un genre nouveau dans des secteurs plus techniques comme le sport, le médical et même le militaire et l’aérospatiale pour mettre au point des vêtements techniques innovants. « On est en train de développer des capteurs qui récupèrent des informations et données médicales à partir des vêtements connectés afin de créer des vêtements intelligents. »

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