Le magazine de mode ICONOfly ressuscite à New York

Un “journal d’art et d’histoire de l’accessoire” : voilà comment la Française Olivia Bransbourg décrit ICONOfly, le magazine de mode qu’elle a créé en 2006 à Paris. Un journal du format d’un petit cahier qui rassemble des contributions d’artistes, écrivains, historiens, musiciens, chefs ou réalisateurs de cinéma. Le tout sous des formes très diverses : dessins, textes, photos, schémas, recette de cuisine… Chaque numéro, bilingue francais-anglais, est dédié à un thème comme la botte, la lunette ou le bracelet. Un joli objet très cool et très hip, gratuit, mais qu’on pensait en voie de disparition : le dernier numéro datait de 2011.

En ce mois de septembre, le magazine ressuscite, mais à New York, où vit désormais Olivia Bransbourg. Le nouveau numéro, que l’on peut récupérer à la galerie Gagosian ou à l’espace Pioneer Works, est dédié à un objet très new-yorkais : la basket. Le lancement de cette nouvelle édition, dans le cadre du festival Crossing the Line du Fiaf, était organisé lundi 21 septembre à la galerie Gagosian.

“La sneakers, c’est le thème le plus approprié pour New York, une ville où on marche beaucoup”, affirme Olivia Bransbourg. Un accessoire qui permet de se faufiler (“to sneak”) sans faire de bruit, et qui, à l’image de New York, “ne craint pas le mélange des genres”, rappelle la créatrice du magazine.

Pourtant, elle n’en porte jamais. “J’ai une paire de Converse argentées que j’adore, mais je ne les mets pratiquement pas”, avoue-t-elle, perchée sur ses talons aiguilles vert pomme. “Mais la majorité du temps, je suis sur du plat, j’ai trois enfants, alors je dois courir partout.”

Dans ce dernier numéro d’ICONOfly, plusieurs artistes comme Tom Sachs, Jean-Pierre Bertrand, Pierre Hardy ou Tatiana Trouvé ont eu carte blanche pour explorer le sujet de la basket. On y trouve aussi des dessins de Justine Emard qui peuvent s’animer avec un téléphone, grâce à une application conçue par l’artiste.

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Le magazine, financé par la publicité et des partenariats avec des marques, a aussi développé un lien particulier avec le monde du parfum. Le parfum “Attache Moi” avait été lancé avec le numéro du magazine consacré au bracelet. Ce qui devait être une édition limitée est devenu un succès : il a été lancé par le Bon Marché en 2009 et il est toujours vendu chez Barney’s. “C’était complètement inattendu”, confie Olivia Bransbourg, qui a longtemps travaillé, à Paris, dans le milieu de l’art contemporain.

Cet automne, Olivia Bransbourg lance un autre parfum à l’occasion de ce dernier numéro d’ICONOfly. Baptisé “It was a time that was a time”, il a été concu par le parfumeur Nicolas Bonneville comme une interprétation d’une oeuvre de l’artiste Shezad Dawood consacrée aux rescapés de la tempête Sandy.

Le parfum, c’est un monde qu’Olivia Bransbourg connait désormais très bien. Ces trois dernières années, elle travaillait chez le parfumeur Takasago, et c’est pour cela qu’elle avait mis le magazine en stand-by. Maintenant qu’elle a “retrouvé la liberté”, elle compte sortir de nouvelles éditions de son magazine, et se focaliser sur le développement de ses propres fragrances, sous la marque Attache Moi.