Ludovic Morlot bâtit l’orchestre de ses rêves à Seattle

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Le site de Ludovic Morlot

Le site du Seattle Symphony Orchestra

En ce moment, tout semble sourire à Ludovic Morlot. En février, le chef d’orchestre français aux commandes du Seattle Symphony Orchestra a mis un nouveau Grammy dans l’escarcelle de l’auguste formation de 1903. Les orchestres du monde entier se l’arrachent. Et la presse ne tarit pas d’éloges sur cette étoile montante de la baguette, l’un des plus jeunes chefs d’un grand orchestre américain.

Je suis très heureux de voir la reconnaissance de tout ce qu’on l’on fait. Tout le travail qu’on a investi porte ses fruits. L’orchestre commence à ressembler à la manière dont je l’ai rêvé” , confie-t-il.

Le Lyonnais découvre la musique grâce à sa mère “passionnée d’opéra mais frustrée de ne pas avoir appris d’instrument.” Ses grands-parents “amoureux d’art, de photographie” l’emmènent à des concerts. “Ma première fois à l’opéra, j’étais juste derrière le chef. C’était pour Lohengrin de Wagner, un compositeur qui me passionne. Je suis devenu très actif par la suite. J’ai commencé à aller à beaucoup de concerts. Je me souviens de l’adrénaline que je ressentais.

Jouer collectif

Enfant, il apprend le violon mais découvre la direction d’orchestre en 1995 lors d’études dans le Maine. Il poursuit sa formation à la prestigieuse Royal Academy of Music à Londres. Son objectif: toucher un répertoire plus large qu’en tant que violoniste, mais aussi assouvir une autre de ses passions, l’architecture. “Analyser une partition, c’est comme construire de petits immeubles. Il y a parfois de la musique sans forme. Il faut que je me complaise avec cette idée. Mais j’adore trouver tous les secrets d’une partition pour lui donner forme. J’aimais aussi l’idée de coaching. Je voyais la direction d’orchestre comme une exploration de groupe.

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credit: Lisa-Marie Mazzucco

Ce sculpteur de musique commence à tracer sa route. Orchestre national de Lyon, Tanglewood, le Boston Symphony Orchestra comme assistant chef d’orchestre aux côtés de Bob Levine, le New York Philharmonic et le Chicago Symphony… Il arrive à la tête de l’orchestre symphonique de Seattle en 2011 en remplacement de Gerard Schwarz, arrivé en 1985. Le Français, 36 ans à l’époque, avait déjà dirigé l’ensemble à plusieurs reprises comme chef invité avant d’être recruté pour de bon. Il peut remercier le tristement célèbre volcan islandais Eyjafjallajökull pour avoir fait pencher la balance en sa faveur. Il avait alors remplacé au pied levé un chef bloqué par l’irruption. “J’étais à Copenhague, mais j’ai pu trouver une manière d’aller aux Etats-Unis. Ca a été une semaine très intense pour l’orchestre et moi car il y a eu un changement de programme et nous n’avions pas beaucoup de temps pour les répétitions. On a même répété le jour du concert. Mais tout s’est bien terminé. C’était un grand soulagement.

Depuis, les critiques positives s’enchainent pour le jeune chef d’orchestre. Ne voyez pas Ludovic Morlot comme un chef autoritaire, fermé. Sa recherche du son parfait passe par du team building, comprenez “un dialogue permanent” avec ses musiciens et “beaucoup d’encouragements, d’écoute entre les uns et les autres.” “Les meilleurs idées émergent de discussions de groupe. On est un meilleur leader quand on est à l’écoute des autres et qu’on n’a pas peur. On voit cette tendance dans d’autres milieux que la musique. Dans le monde de l’entreprise, le format de leadership devient collectif.

Le chef d’orchestre planche actuellement sur “Tuning Up!“, une grande série de concerts consacrée à un siècle de créativité musicale américaine. Sur neuf concerts du 17 juin au 2 juillet, le Seattle Symphony passera en revue différents genres (jazz, avant-garde, Broadway, Hollywood). “C’est un projet qui me tient à coeur.” Nul doute que le public de Seattle sera au rendez-vous. “Seattle est une ville jeune, belle, en pleine croissance économique. Au niveau culturel, elle prend des risques. On peut essayer des choses qui marchent et on a le droit de tourner la page sur celles qui ne marchent pas. Il y a un esprit pionnier ici, raconte-t-il. J’ai quand même besoin de mon régime de Vieux continent. Je garde des activités en Europe. Ça me permet de revenir avec de nouvelles idées.

 

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