L’immigration US renforce sa surveillance de -vos- réseaux sociaux

L’immigration américaine s’intéresse de plus en plus près aux réseaux sociaux. Après avoir ajouté des questions relatives aux comptes facebook ou twitter aux questionnaires ESTA, le gouvernement américain veut étendre la collection d’information à tous les immigrés.

Une nouvelle règle doit entrer en vigueur le 18 octobre, après une période de commentaire ouverte au public. À partir de cette date, le Département de sécurité intérieure (Department of Homeland Security, DHS) pourra inclure dans ses fichiers les données issues notamment de “comptes de réseaux sociaux, les alias, les informations associées identifiables et les résultats de recherches” sur internet.

Sont concernés: les immigrés récents aux Etats-Unis, mais aussi les titulaires de carte verte, les citoyens naturalisés et “toute personne qui communique avec des immigrés“, selon le site BuzzFeed, qui a écrit le premier sur cette nouvelle disposition.

Publiée au Federal Register le 18 septembre, sorte de Journal officiel américain, elle a suscité l’émoi de plusieurs groupes de défense de la vie privée et des libertés. L’ACLU (American Civil Liberties Union) a déclaré dans un communiqué que cette mesure “aurait sans aucun doute un effet paralysant sur la liberté d’expression qui s’exerce tous les jours sur les médias sociaux“.

Concrètement, si la proposition ne change pas avant le 18 octobre, les nouvelles informations collectées seront incluses dans les “A-Files”, un fichier propre à chaque immigré aux Etats-Unis qui comprend déjà des informations personnelles (empreintes, actes de délinquances éventuels, employeurs et entrées et sorties du territoire notamment). Ces fichiers sont utilisés par des juges et des officiers d’immigration notamment, indique Fortune.

Le contrôle des réseaux sociaux n’est pas nouveau, explique pour sa part DHS. “Cet amendement ne correspond pas à une politique nouvelle. DHS, chargée de faire respecter la loi et le processus d’immigration, a et va continuer à contrôler les informations publiques sur les réseaux sociaux“, relativise Joanne Talbot, une porte-parole, dans un e-mail envoyé à French Morning. Elle la décrit comme une  “mise à jour” du “système de fichiers” de DHS.