Limiter les armes à feu ne marche pas. Regardez Paris, dit Trump à la NRA

Mis à jour avec la réaction du Quai d’Orsay

Le bilan humain des attentats de novembre 2015 à Paris aurait pu être beaucoup moins lourd si les personnes visées par les terroristes avaient été armées. C’est l’avis de Donald Trump et il l’a partagé, vendredi 4 mai, devant des milliers de membres de la NRA (National Rifle Association), réunis à Dallas pour la conférence annuelle de l’organisation pro-armes.

Si un employé, un client armé ou une personne dans cette salle avait été présente avec une arme pointée dans la direction opposée, les terroristes auraient pris la fuite ou été abattus. Et l’histoire aurait été bien différente. N’est-ce pas ?“, a-t-il dit sous les applaudissements de la salle.

Le président américain a prononcé le discours lors de la NRA-ILA Leadership Conference, un événement qui rassemble plusieurs leaders du mouvement pro-armes aux Etats-Unis, dont une ribambelle d’élus. Ironie de l’histoire: plusieurs médias ont relevé que les armes à feu n’étaient pas autorisées dans l’arène où le président s’exprimait sur ordre des services secrets.

Cela n’a pas empêché le républicain, qui s’était montré ouvert après la fusillade de Parkland en février à des restrictions sur l’acquisition d’armes, de plaider pour l’armement de la population en utilisant l’exemple parisien. “Paris, France, a les lois sur les armes les plus dures au monde. Personne n’a d’armes à feu à Paris, personne, a affirmé Donald Trump. Et on se souvient tous des plus de 130 personnes, et d’innombrables autres qui ont été horriblement, horriblement blessées” dans les attentats au Bataclan et plusieurs restaurants de la capitale.

Et de regretter que les “250 personnes qui ont été horriblement blessées” ne soient “jamais mentionnées” – les attentats ont blessé en réalité 413 personnes, dont 99 grièvement.

Ils sont morts dans un restaurant et des endroits voisins. Ils ont été brutalement tués par un petit groupe de terroristes armés. Ils ont pris leur temps pour les abattre un à un“, a poursuivi le locataire de la Maison-Blanche, imitant un pistolet avec ses doigts et faisant mine de balayer les victimes avec ses mains. “Boum ! Viens par ici! Boum !“, a-t-il répété en faisant le geste.

Le Quai d’Orsay a réagi le samedi 5 mai par voie de communiqué: “La France exprime sa ferme désapprobation des propos du président Trump au sujet des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et demande le respect de la mémoire des victimes“, a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Agnès von der Mühll.

La France est fière d’être un pays sûr où l’acquisition et la détention d’armes à feu sont strictement réglementées“, ajoute le Quai. “Les statistiques de victimes par arme à feu ne nous conduisent pas à remettre en cause ce choix“.

Les déclarations sur Paris sont à 2:07:48