L’heure des ralliements à droite

Ils voteront pour Frédéric Lefebvre, mais n’appellent pas leurs électeurs à en faire autant. Telle est la ligne de conduite de la plupart des adversaires de droite et du centre droit de Frédéric Lefebvre au premier tour.

Conformément à mes convictions d’homme de droite, je voterai pour le candidat de l’UMP”, explique Antoine Treuille (5,10%). “Je l’ai appelé pour le féliciter et il m’a donné son engagement formel qu’il viendrait dans la circonscription deux fois par mois, c’est important”. Mais l’ancien président de la French American Foundation explique qu’il n’appelle pas à voter pour son ancien adversaire, estimant que “nul n’est propriétaire de ses voix”.

De son côté, Julien Balkany (6,61%), s’apprête à envoyer un e-mail à tous les électeurs d’Amérique du Nord dans lequel il remercie ses supporters et annonce son intention de continuer son chemin en politique, avant d’expliquer qu’il votera lui aussi pour le candidat de l’UMP: “Je voterai pour Frédéric Lefebvre au 2ème tour car nous devons faire barrage à la gauche dans cette nouvelle circonscription”. Là non plus, pas d’appel à voter pour son ancien adversaire, pour les mêmes raisons: “on n’est pas propriétaire de ses voix”. A l’inverse des autres candidats divers droite, Julien Balkany n’a pas été contacté par Frédéric Lefebvre. “S’il le fait, je serai ravi de lui parler” nous dit-il.

Gérard Michon, (2,23% au premier tour) est le seul à appeler à voter Frédéric Lefebvre. “Il a moins de chemin à faire que la candidate socialiste pour bien représenter les intérêts des Français d’ici. Il semble vouloir bien faire”, explique l’ex candidat, suspendu de l’UMP, qui s’est entretenu avec M. Lefebvre.

A l’heure de publication de cet article, le premier des candidats divers droite, Emile Servan-Schreiber (6,69%) n’avait pu être joint, tout comme Carole Granade (Modem, 4,94%). De son côté, le Front National (Claire Savreux, 4,29%) n’a pas de recommandation de vote, du moins jusqu’au lendemain des résultats du premier tour en France.

A gauche, Corinne Narassiguin n’a que très peu de réserves, mais peut compter sur le soutien (et l’appel à voter) de Céline Clément (Front de Gauche, 2,85%) et sur celui du Parti Radical de Gauche, avec toutefois un bémol: le PRG national appelle à voter pour la candidate du Parti Socialiste mais la candidate locale, Stéphanie Bowring (1,04%) refuse d’appeler au vote, elle aussi soulignant qu’elle n’est “pas propriétaire des voix”.

Mme Narassiguin peut en revanche compter sur un soutien surprenant: Mike Remondeau, candidat du premier tour mais qui avait rallié Julien Balkany avant l’élection, annonce désormais qu’il soutient la candidate socialiste  “afin de faire barrage à un ex-ministre parachuté depuis Paris qui n’a aucun rapport avec nous français d’Amérique. Ne pas donner de consignes de vote est, de mon point de vue, irresponsable. Je crois qu’il en va de l’intérêt général de notre circonscription d’élire une des nôtres, même si notre vision pour notre pays est parfois différente”.