L’Hermione en mer, les Etats-Unis se préparent

A l’heure où nous écrivons ces lignes, l’Hermione est quelque part entre la France et les Canaries, où elle doit marquer une escale avant de s’élancer vers les Etats-Unis.

A New York, le président de l’association des Amis de l’Hermione La Fayette aux Etats-Unis, est sur le pont. “L’Hermione, souffle Miles Young, prend tout mon temps libre” . Mercredi, tout juste de retour de Suisse, il avait un rendez-vous téléphonique avec la US Navy, qui envisage d’accueillir l’Hermione en envoyant l’un de ses vaisseaux la rencontrer lors de son escale à Annapolis, ville de l’Académie navale. “Nous avons leur appui sur tous les ports du voyage, se réjouit Miles Young. De manière générale, le climat est positif” .

Alors que la réplique de la frégate de La Fayette vogue tranquillement sur l’Atlantique, les préparatifs vont bon train aux Etats-Unis. L’Hermione et son équipage de 79 personnes (dont un tiers de femmes) doivent arriver le 5 juin à Yorktown, haut-lieu de la révolution américaine, avant de progresser vers le nord. Un voyage hautement symbolique 235 ans après que l’Hermione originale a transporté le jeune marquis vers les Etats-Unis pour aider à battre les Anglais.

Pour ajouter à la pression, le départ de la nouvelle Hermione de l’île d’Aix, mi-avril, en présence de François Hollande et de Ségolène Royal, a suscité un vif intérêt médiatique. “Même les grands journaux britanniques en ont parlé!” s’exclame Miles Young (qui est anglais), “agréablement surpris” par l’ampleur de la couverture. Barack Obama s’en est mêlé, souhaitant “bon vent” à l’équipage dans une lettre.

Aux Etats-Unis, on s’assure que l’Hermione est accueillie sans vagues. Dans chaque ville-escale, un comité local constitué de bénévoles s’active pour organiser des expositions, des conférences, des performances et des visites du navire. Tous les ports dans lesquels le vaisseau doit jeter l’ancre ont confirmé leur participation. Tous sauf New York, où le South Street Seaport “est confirmé à 95%” , cautionne Miles Young. “Cela a été très, très dur. Il n’y a pas une seule agence qui prend ce genre de décision. On nous a offert plusieurs options qui n’étaient pas satisfaisantes pour des raisons techniques. Il n’était pas clair qu’un emplacement au South Street Seaport serait disponible. Nous avons perdu beaucoup de temps mais je pense que le plus dur est derrière nous” .

Photos: le départ de l’Hermione

Côté financements, les levées de fonds successives ont permis à l’association d’ “arriver là où nous devions arriver” , précise Miles Young sans donner de chiffre. Deux galas en Floride, où l’Hermione n’ira pourtant pas, ont permis de lever à eux-seuls 200.000 dollars. La levée de fonds continuera même lorsque l’Hermione sera à quai. Les organisateurs comptent notamment sur quelques grandes entreprises pour louer le navire (5.000 à 25.000 dollars en fonction du moment de la journée). L’argent levé doit permettre de couvrir l’organisation d’expositions et de projets divers dans les différentes villes hôtes de l’Hermione, mais aussi le drainage de certains ports, le paiement des frais portuaires et la sécurité aux abords du bateau.

Les festivités ont déjà commencé avec, fin avril, une pièce de théâtre sur La Fayette et son épouse Adrienne au FIAF à New York et le coup d’envoi d’une exposition sur le marquis et l’Hermione à Washington. A Yorktown, une cérémonie d’accueil en présence de l’ex-présidente de Poitou-Charentes (lieu de naissance de la nouvelle Hermione) Ségolène Royal et le gouverneur de Virginie est actuellement en cours de préparation. A Philadelphie et Greenport, l’Hermione retrouvera la flotte des grands voiliers de la célèbre association Tall Ships of America. Le déjeûner de La Fayette de 1781 avec les membres du Congrès à bord du navire sera rejoué à Philadelphie.

A New York le 1er juillet, l’Hermione pourrait être accueillie par le maire de New York Bill de Blasio, qui n’a pas confirmé. Le 4, entre 10h et midi, elle passera devant la Statue de la Liberté, en tête d’un cortège de 300 bateaux petits et grands. Dans toutes les villes, le navire sera ouvert au public. A Alexandria, près de Washington, l’Hermione pourrait bien recevoir la visite d’un haut dignitaire américain. Les services de sécurité y ont fait du repérage, confient les organisateurs. “Peut-être Joe Biden” murmure-t-on, ou, qui sait, Barack Obama.