“L’expatriation a fait souffrir notre couple”

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Nicolas Serres Cousiné, le life coach des Français aux Etats-Unis.

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Avertissement: Certains éléments de cette chronique ont été modifiés de manière à préserver l’anonymat des clients de Nicolas Serres Cousiné.

« Notre couple est tout près de se prendre le mur. Ce n’est pas l’amour que nous avons l’un pour l’autre qui est en cause, enfin j’espère, mais la manière différente dont on vit notre expatriation à New York ». Florence et Bernard (auto-surnommé “frenchy” depuis peu), n’ont que la trentaine et n’ont déjà plus grand-chose à se dire. S’ils ne savent pas vraiment comment ils en sont arrivés là, un fait est certain: les cinq ans qu’ils viennent de passer ensemble à Manhattan ont creusé entre eux un fossé difficile à combler.

« Nous nous sommes rencontrés à Sup de Co Rennes et dès que l’on a pu, nous sommes venus ici pour réaliser un rêve d’enfance que l’on avait en commun, goûter au rêve américain ce qui pour nous signifie travailler dur, gagner de l’argent, de préférence beaucoup, et s’amuser le soir comme des petits fous », s’exclame Bernard, les manches retroussées, une casquette des Yankees vissée sur le crâne. Fort d’un visa entrepreneur, ils ont monté une crêperie à Brooklyn.

La vie s’annonçait belle, fun et insouciante…et pourtant. « Ensemble ou séparément, à travers la communauté française ou avec nos amis new-yorkais, nous avons profité à fond de l’énergie euphorisante de la ville. Hélas, alors que notre business marchait plutôt bien, j’ai eu la désagréable impression que Bernard devenait petit à petit un autre personnage, un clône de beauf américain, une espèce de caricature de lui-même » se lamente Florence. « Et de mon côté, j’ai vu ma femme se comporter en provinciale timide, maladroite en anglais et inapte à se fondre dans cette ville excitante qu’est New York ». Nos deux amoureux ne sont plus en phase. Ils pensent même au divorce. Florence rentrerait à Rennes parce qu’elle n’a pas le choix et Bernard resterait à Manhattan, « parce que la France n’est plus pour moi ».

Ils ne vivent pas les Etats-Unis de la même façon

Attablés Chez Mimi, leur restaurant de quartier favori, ils ont décidé de se parler le plus sincèrement possible espérant ainsi se sortir de ce mauvais pas. Sachant qu’ils ne vivent pas New York de la même façon, ils expliquent à tour de rôle ce qui les fascine, ou les répugne, dans la Big Apple. Bernard se lance le premier. Le “plus”: le New-Yorkais n’a pas d’a priori, il peut se re-inventer à chaque instant et tout est possible, même l’impossible. Ces sentiments de liberté sont si forts chez Bernard qu’ils en sont devenus addictifs. « Ici, on me trouve courageux, on applaudit mes futurs projets, on ne cherche pas à me mettre des bâtons dans les roues lorsque je rêve et surtout, on ne me regarde pas avec mépris quand je clame haut et fort que je veux faire fortune ». Alors que ? « Alors que dans une situation identique en France, on me traiterait de sale capitaliste, d’inconscient, de nouveau riche ou pire d’utopiste, ça me gonfle ! »

Florence lève les yeux au ciel. Contrairement à ce que pense son mari, elle se sent à l’aise dans sa ville d’accueil et s’y voit vivre encore plusieurs années. Ce qui l’agace profondément et donc lui donne, malgré elle, cette image de provinciale allergique à New York est l’attitude ultra-négative de Bernard envers la France et les Français. « Parfois, je me demande même si tu as honte de tes origines et si c’est pour cela que tu t’es inventé ce surnom stupide de frenchy ». Touché ! Bernard avale sa frite de travers. « Cela ne veut pas dire que tu n’es pas tout ce que tu viens de dire à ton sujet, mon chéri, mais en débarquant ici, c’est comme si l’opinion de ceux qui ne te connaissent pas du tout est plus importante que la mienne ou celle de ceux qui t’aiment là-bas, de l’autre côté de l’Océan Atlantique ».

« Les USA m’ont compris, ici je suis Superman, adieu la France ! »

Être un Français à New York est pour nous, expatriés ou immigrés, bigrement plus rigolo et stimulant que d’être un Français en France. Si cet enthousiasme naturel est le plus souvent porteur de belles promesses, il peut s’avérer parfois être un frein à un essor professionnel, intellectuel ou émotionnel que l’on est venu chercher. En effet, certains d’entre nous tombent dans le piège pervers du regard neuf et candide que les Américains portent sur nous. Qui n’a pas été victime d’une façon ou d’une autre, du fameux « yeah, it’s GREAT » balancé à tout bout de champ et pour n’importe quelle raison ? Il est alors facile de se croire arrivé chez soi et de vite succomber au syndrome de « les USA m’ont compris, ici je suis Superman, adieu la France ! »

Etre dans le surjeu

Bernard n’est pas Superman, ce qui ne veut pas dire non plus qu’il est condamné à être Super-Dupont. C’est ce qu’il a compris lors de ce dîner Chez Mimi, dîner qui, plus tard, l’a amené à la conclusion suivante: apprécier le regard frais et aventurier des New-Yorkais est une chose, être dans le surjeu et perdre son identité au passage en est une autre. Le risque encouru ? « Se prendre le mur », comme avait pour habitude de dire Bernard. Que l’on soit marié comme lui, ou célibataire, vivre dans une ville que l’on aime en se laissant prendre aux mirages de la nouveauté et des différences culturelles nous rattrapera un jour, quoi qu’il advienne.

Copie conforme de l’immigré

« Au lieu d’être dans le déni du Bernard que j’étais, je me rends compte que sans moi avant, je ne serai pas celui que je suis maintenant. Que je sois perçu d’une façon ici et d’une autre en France n’est que le produit de mon imagination. Je suis perçu comme je suis, point final, ce n’est que le regard des autres qui change. Je me demande même si la vraie richesse que Florence et moi étions venus chercher ici n’est pas d’apprendre à mieux nous connaître au travers des New-Yorkais au lieu de devenir la copie conforme de l’immigré à encourager coûte que coûte et prêt à s’assimiler à 100% en guise de remerciements ».

Ce qui érodait leur couple en est devenu le ciment. Bernard, qui a jeté le surnom “frenchy” aux orties, a partagé avec la femme qu’il aime ses découvertes et ses nouvelles convictions, « se mélanger dans ce grand melting-pot qu’est New York, non pas pour se perdre, mais pour mieux se retrouver, se comprendre et s’accepter », et fier de s’être tiré d’affaire, le couple qu’ils n’ont jamais cessé de former continue de faire des crêpes tout en regardant New York dans la même direction, “straight ahead”, droit devant.

 

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Avertissement: Certains éléments de cette chronique ont été modifiés de manière à préserver l’anonymat des clients de Nicolas Serres Cousiné.

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  • ViveLeFrançais

    La richesse des expatriés est leur double appartenance. On devient quelque chose entre français et américain et on a la chance de profiter du meilleur des deux mondes. Profitez-en au lieu de vous forcer à prendre parti pour un pays ou pour un autre! C’est la France qui vous a inculqué les valeurs et qui a financé votre education, et ce sont les USA qui en profitent et vous avec. Tant mieux. La vie est trop courte pour se “crêper” le chignon sur des bêtises d’appartenance à tel ou tel monde. Nous sommes tous des terriens!

    • Jean

      Bien dit l’ami ! Et bravo pour cet article aussi instructif que bien écrit !

      • Loulou le toulousain

        Bien dit l’ ami! cahuette. Et grosses bises a tous les bretons de New York.
        Signe un frenchy qui s’est perdu aux staates depuis 25 ans , malgres ses savoir-faire d’artisan francais. L’Amerique est devenue la plus grosse roulette russe du monde .
        Pas de Tonton, pas de pognon.

    • TuRaconte

      J’ai une double appartenance, et je me sens pas plus riche pour autant. C’est un post plein de poncifs qui ne correspondent à aucune réalité.
      Tu dis dans le même post qu’on est riche parce qu’on a deux cultures mais aussi que l’appartenance à tel ou tel monde est une bêtise.

  • Chantal Véchambre

    “je ne serais pas celui que je suis maintenant sans celui que j’étais avant”…… à méditer effectivement…

  • Mauricio

    Ah la vache, comme je me suis retrouvé dans cet article ! A New York depuis 2 ans, je m’eclate a fond dans mon job et cette ville geniale alors que mon epouse semble n’avoir rien pigé de NYC. Je crois que je vais devoir mettre un peu d’eau dans mon vin (!!!) et essayer de la comprendre au lieu de m’en eloigner

  • Chris

    Les français ont du mal à s’adapter aux US dans l’ensemble. Moi je ne reviendrai jamais en France quand je vois un gouvernement de socialopes voler le fric de ceux qui travaillent pour tenter d’arriver à quelque chose, c’est vraiment une honte ce pays! Ici aux US n’en déplaise aux franchouillards j’ai fait fortune, suis à la tête d’un cabinet de consultants, habite une splendide maison, roule en grosse cylindrée… tout ce que je n’aurais jamais fait en france au milieu des jaloux ! good luck to france

    • ladyS

      C’est fin et ça se mange sans faim. Comme si les présidents précédents avaient été honorables. Depuis Giscard, puis Mitterand et enfin le Chirac et le nain à talonnettes n’avaient jamais voler notre argent. “Les caisses sont vides” disait le nain, elles l’étaient encore plus à son départ.
      Chris, vous êtes devenu le parfait beauf américain. Restez-y, on ne veut pas de vous !

      • Patricia

        cette dame est mesquin

        • Coquin

          Ou alors,.. Mesquine ? Non ?

    • Gilles1977

      mon pov’ ti père…. continue de “rouler en grosse cylindrée”…. abyssal de beauferie.

    • Whistleblogger

      tu roules en grosse cylindrée et tu te payes deux tailles de bonnets d’augmentation mamaire pour bobonne ? good fuck alors !

    • TuRaconte

      “Les français ont du mal à s’adapter aux US dans l’ensemble”

      Source?

      • Gilles1977

        ça doit être WikiBibi …. hahaha.

    • Coquin

      Rouler en grosse cylindree est donc un aboutissement ? Lol !
      La plupart des loulous qui vivent dans un ghetto ici et roulent en voiture, ont, eux aussi une grosse cylindree. Ces voitures representent la majorite du parc auto local.
      Et meme en France, rouler en grosse cylindree est souvent synonyme de boufonnerie, just saying…

  • ladyS

    Je ne crois pas du tout à cette histoire. Je la sens inventée de toute pièce.

    • Gilles1977

      le ton est tel qu’on croit qu’on va nous refiler une adresse de cabinet de consultant à la fin…..

      • Bouboumee

        ah tiens, voilà les deux pisse-froids de Manhattan enfin réunis !

        • Nathalie

          Bien vu Booboomee, La LadyS est la mal baisée de New York, tout le monde le sait , même les mecs moches !!

          • Sissy

            Ah ah ah ! Je vois de qui tu parles !

          • Coquin

            Lol ! Qui c’est, qui c’est cette super lady ? dis moi vite, Nathalie, ca m’interesse ! Mhmm ! J’suis moche, j ai pas trop de choix en c’moment.
            Just kidding !

        • TuRaconte

          Bah non

      • Pscl

        Oui, Je crois aussi. On dirait bien.

    • Pscl

      Article bien ecrit,… Mais ecrit par un coach.
      A lire avec interet et… Avec moderation.
      Quel est le but de cet article ? Uniquement informer ?

  • Cyril

    Merci French morning, je ne me sens plus seul dans mon dilemme . Vive la France et les USA ,

  • Quel cirque! Un couple san honte.

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