Les Français de Placemeter lèvent 6 millions de dollars

Alexandre Winter et Florent Peyre

Jeudi 18 septembre, c’était champagne à Placemeter. La start-up qui mesure la durée des files d’attente et la densité du trafic piétonnier a levé 6 millions de dollars auprès d’investisseurs américains – parmi eux, New Enterprise Associate, Qualcomm VenturesCollaborative Fund

Nous vous avions déjà parlé de Placemeter, une petite entreprise créée à New York il y a deux ans par les Français Florent Peyre et Alexandre Winter. Deux associés qui ont eu l’idée de transformer les images de caméras en données, et de les exploiter pour produire de l’information sur le nombre de personnes qui passent devant un magasin, traversent une rue, ou font la queue sur un trottoir.

Ils étaient deux il y a deux ans. Ils sont désormais neuf, réunis dans des locaux de l’incubateur Techstars. “L‘objectif c’est d’arriver à 15 d’ici la fin de l’année, et une petite quarantaine en 2015″, calcule Florent Peyre, qui souhaite renforcer en priorité l’équipe technique.

“Nous avons onze clients pour le moment”, poursuit-il. Des cafés, des boutiques, des agences qui veulent mesurer le nombre de personnes qui passent devant ou poussent la porte de leur magasin.

La mairie de New York est aussi l’un de leurs partenaires. “On travaille avec des business improvement districts. On les aide à mesurer le flux de piétons. Cela leur permet d’avoir des chiffres pour leur argumentaire, afin de faire venir des commerces dans des zones qui veulent se développer”, raconte Florent Peyre.

Pour amasser de la donnée sur l’espace public, Placemeter fait aussi appel à des particuliers, qui installent le capteur à leur fenêtre contre une petite rémunération. Les données (des chiffres, pas des images) seront à terme exploitables par tous (la start-up en reste toutefois propriétaire).  “A New York, 750 personnes se sont portées volontaires. Il y a plein d’applications civiques potentielles. Par exemple, produire de la donnée sur la vitesse des voitures à un carrefour, et aider des habitants qui voudraient mettre en place un système de limitation de vitesse.”  

Et si, à New York, les boitiers Placemeter posent quelques questions quant au respect des libertés individuelles, ils auront au moins un mérite : mettre à jour l’absurdité de certaines files d’attente…