Les Français, éternels insatisfaits? Et alors…

Revue de presse – Les Français sont-ils d’éternels insatisfaits ?

L’économiste française Claudia Senik a relancé le débat dans le journal britannique The Guardian – qui n’en demandait pas moins – la semaine dernière, un mois avant la publication de son étude sur la question. Sa thèse : les Français ne sont pas contents même s’ils vivent dans des conditions matérielles objectivement bonnes. Un récent sondage Gallup-WIN a constaté que leurs attentes pour l’année à venir étaient moins élevées que celles des Irakiens ou des Afghans.

Cette semaine, le New Yorker a essayé, une fois n’est pas coutume, de prendre notre défense.Le journaliste Richard Brody assure que les Français sont “contents d’être malheureux“.  Il cherche à nous rassurer. Pour lui, ce mal-être n’est pas profond. “C’est peut-être la langue du bonheur qui échappe aux Français plutôt que le bonheur lui-même“. Il va plus loin en expliquant que le malheur des Français signifie en réalité qu’ils sont de grands rêveurs. « Le malheur, après tout, implique un désir de changement – de circonstances ou pour chacun – et, donc, l’insatisfaction de la vie malgré des avantages matériels suggère une sorte d’idéalisme – une vision intellectuelle des possibles au-delà du réel.»

Selon lui, les Français ressentent une « joie de penser, qui génère du plaisir dans le déplaisir ». Ce spécialiste de cinéma assure que cette insatisfaction perpétuelle produit de belles choses. Il cite la Nouvelle Vague, née d’une remise en question des codes du cinéma classique. Ou encore l’émergence de Roland Barthes et Jacques Derrida qui, par leurs réflexions, ont révolutionné la philosophie occidentale. « L’art moderne français, que ce soit la littérature et le cinéma, canalisent ce discours dans des formes artistiques. Ceux qui trouvent les films français trop « verbeux » ne comprennent rien. C’est comme se plaindre de trop de poussière dans les Western ou de violence dans les films de guerre, explique le journaliste. Les propositions de Senik pour relever le niveau de bonheur des Français pourraient ne pas être pertinentes. »

Entre Hollande et l’économie, rien ne s’arrange

L’économie, en tout cas, n’incite pas à l’optimisme. L’Insee a relevé que les Français n’avaient jamais été aussi pessimistes qu’au moins de mars. Pour le Washington Post, François Hollande n’a pas été convaincant lors de son intervention télévisée jeudi dernier. Le quotidien revient sur la proposition du Président d’une taxation à 75% pour les entreprises ayant des salaires supérieurs à 1,3 million d’euros. “Le Président français a peut-être trouvé une manière de taxer les très riches: en faisant payer leurs entreprises“, ironise le quotidien. La taxe remplacerait sa proposition initiale de taxer individuellement les revenus de plus d’un million d’euros. “Alors que le Président a réitéré son objectif d’enrayer la montée du chômage cette année et de relancer la croissance, il n’a offert aucune nouvelle politique économique spécifique“, tacle le Washington Post.

Dans le même esprit, la radio publique NPR, dans un article intitulé “Le Président Français essaye encore de taxer les riches“, ironise sur l’obsession de François Hollande sur l’impôt à 75%. Le journal rappelle que “l‘interview arrive à une période difficile pour Hollande. Sa cote de popularité a dégringolé et beaucoup de ses promesses pré-électorales demeurent insatisfaites“.

Louis Giscard d’Estaing en campagne dans le Washington Post 

Le Washington Post s’est intéressé à la candidature du fils de l’ancien président à la législative partielle en Amérique du Nord, qui doit se dérouler les 25 mai et 8 juin. Le journaliste Jason Horowitz s’est amusé à suivre le candidat de l’UDI lors d’un déplacement dans la banlieue de Washington. La description prête à sourire : Louis Giscard d’Estaing était “flanqué de deux bénévoles de campagne d’une vingtaine d’années, en foulards européens noués et costumes ajustés, souligne le journaliste. Le candidat nouvellement déclaré pour représenter les expatriés français en Amérique du Nord, est sorti d’une Chevrolet noire devant le Lycée Rochambeau.

Le journaliste rappelle l’importance de la circonscription choisie, “l’Amérique est loin d’être étrangère à Giscard, note-t-il. L’Amérique, de façon innée, est ma seconde maison“, le candidat a-t-il dit au reporter, en rappelant qu’il fut envoyé par ses parents aux Etats-Unis à 17 ans, qu’il y passa l’été avec le gouverneur du Rhode Island Bruce Sundlun, qu’il fut marié à une Américaine de nombreuses années et que son fils a la double nationalité. « LGE » est plus que jamais en campagne !

Législation sur la sexualité des handicapés 

Dans un tout autre registre, le Washington Post s’est penché sur la sexualité des handicapés. “La France commence un débat tendu sur la vie sexuelle des handicapés et se tourne vers sa voisine la Belgique pour trouver des réponses“, indique le journal.

A l’origine du débat : un vide juridique concernant les droits des handicapés en matière d’assistance sexuelle. En Belgique, les invalides sévères ont droit à des services sexuels qui se distinguent de la prostitution. En France, la frontière entre “permettre aux handicapés de découvrir leur sexualité et leurs corps” et légalisation de la prostitution est floue, comme le rappelle Jérôme Guedj, le représentant socialiste à l’origine du débat. “Il veut autoriser des assistants du sexe, dans le cadre des services sociaux offerts aux invalides“, explique le Washington Post.

L’article cite la Ministre déléguée aux Personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, qui affirme que l’initiative est “prématurée mais que le débat en France est le bienvenu“.