Pourquoi les films étrangers aux US ne sont-ils pas doublés ?

Beaucoup de films étrangers en France sont doublés. Ce qui n’est pas le cas aux Etats-Unis où le sous-titrage est la norme pour les films étrangers. Pourquoi cette différence?

Raison principale: l’histoire. La France privilégie le doublage depuis des décennies, un héritage qui nous vient du régime de Vichy qui n’accordait d’agrément que lorsque le film était doublé (pour mieux le censurer). Depuis, les Français se sont habitués à cette particularité et le doublage à beaucoup progressé en qualité.

Pays du divertissement et du blockbuster, les États-Unis ne s’embarrassent pas du doublage vue l’immensité de la production nationale: plus de 90% des films vus aux Etats-Unis sont américains, contre 1 voire 2% pour les toiles françaises. Au début des années 30, très peu de films furent doublés. Les studios produisirent des versions multiples d’une même œuvre, déclinée en différentes langues. Mais face au coût, cette pratique fut vite abandonnée au profit du sous-titrage, bien moins cher. Dans les années 70, le succès des films asiatiques de « kung fu » et des Western « spaghetti » poussa les distributeurs à les doubler, mais la médiocrité de l’exécution eut l’effet inverse et fit fuir les spectateurs. Pour ne rien arranger, le coût moyen d’un doublage est de 70.000$, ce qui refroidit les ardeurs des distributeurs. Bref, “il n’y a pas de tradition de doublage” aux Etats-Unis résume Adeline Monzier, correspondante d’Unifrance aux USA.

Mais le sous-titrage n’a pas que des avantages. “Beaucoup d’Américains n’aiment pas lire les sous-titres et regarder le film en même temps“, poursuit Adeline Monzier. Ce qui pousse notamment les sociétés de production américaines à réadapter les œuvres étrangères au travers de “remakes”, comme le “Diner de Cons” devenu “Dinner of Fools” ou encore “Un Indien dans la ville” devenu “Jungle 2 jungle”. “C’est la solution de facilité“, glisse Adeline Monzier. Au prix de priver le public américain de la belle langue de Molière. Heureusement, il y a des exceptions. “Intouchables”, “Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain” ou encore “La Vie d’Adèle” en ce moment. Ce dernier a fait deux millions de dollars au Box Office. Une belle réussite  pour un film interdit aux moins de 18 ans, en dépit des sous-titres.