Les comptes de campagne d’Emile Servan-Schreiber ont été rejetés

Corinne Narassiguin (PS-EELV) n’est pas la seule candidate à la législative en Amérique du Nord dont les comptes de campagne ont été rejetés. Le troisième homme de l’élection, Emile Servan-Schreiber (candidat indépendant), a connu le même sort.

L’intéressé a confirmé l’information à French Morning en indiquant qu’il a envoyé une lettre, en date du 20 décembre, au Conseil constitutionnel pour contester la décision de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) et plaider sa bonne foi. « Nous avons eu à cœur de bien faire, même si notre inexpérience – ceci étant notre première campagne – a pu nous faire ignorer involontairement certaines finesses procédurales d’un code électoral avec lequel nous n’étions sans doute pas assez familier, écrit-il dans la missive. Nous fîmes, avec nos moyens, une belle campagne et un beau résultat. »

Selon l’ancien candidat, la Commission reproche à son mandataire financier (personne ou association chargée de perçevoir le financement de la campagne électorale) d’avoir méconnu les dispositions de l’article L. 52-6 du code électoral. Ce dernier oblige notamment le mandataire à ouvrir un compte bancaire unique afin de retracer les opérations financières réalisées pendant la campagne. M. Servan-Schreiber explique dans la lettre que sa campagne a ouvert un compte en euros et un « compte associé » en dollars, afin de faciliter les transactions dans cette devise. Mais la Commission aurait estimé que le candidat possédait deux comptes. Ce qu’il réfute, assurant que le compte en dollars était « rattaché au compte en euros ». « Il serait donc plus juste de considérer qu’il s’agissait d’un seul compte permettant de fonctionner avec deux devises ».

Selon lui, ce compte américain, sur lequel il y a eu « très peu » de mouvements, a été vérifié par un expert-comptable et son solde a été transféré sur le compte en euros. « Je  voudrais vous assurer de ma bonne foi et de celle de mon mandataire, écrit-il aux Sages de la rue de Montpensier. Toutes nos actions dans cette affaire ont d’évidence été motivées par un souci d’efficacité et de transparence dans le contexte inédit d’une campagne devant être menée intégralement en territoire étranger. » Le Conseil constitutionnel, juge de l’élection, tranchera. M. Servan-Schreiber risque l’inéligibilité et le non-remboursement de ses frais de campagne. Il a recueilli 6,69% des suffrages au premier tour de la législative en juin.