Les coiffeurs français de New York ont rouvert

Jérôme Obry (gauche) et Martial Vivot

Depuis plusieurs mois, Sophie Guattari, directrice des opérations des salons Biguine aux Etats-Unis, travaille sans relâche en vue de la réouverture des deux salons de Manhattan. “Nous avons eu beaucoup de choses à revoir, comme les emplois du temps, la disposition dans les salons et la mise en place d’un protocole sanitaire strict comprenant la distanciation sociale, la désinfection de tous les équipements entre chaque client”, entre autres. Les coiffeurs sont confrontés au port du masque, d’une visière, des gants et d’un tablier en plastique sous une chaleur accablante. Des conditions de travail difficiles. Mais c’est la condition pour pouvoir de nouveau accueillir les clients depuis l’entrée de New York en phase 2, le 22 juin dernier.

Dans le salon Martial Vivot, situé dans à Greenwich Village et Midtown, le co-propriétaire Jérôme Obry a su s’adapter rapidement à la situation. Le salon a eu un coup d’avance, avec sa facilité a appliquer les règlementation sanitaires. “Nous avons des boxes privatives dans le salon, ce qui nous permet de respecter les distances de sécurité” explique-t-il.

Une réouverture appréciée

salon Martial Vivot

“Cela fait deux semaines que la liste d’attente ne fait que s’allonger. Nous avons informé notre clientèle de notre situation tout au long du confinement et elle est bien présente pour notre retour” raconte Jérôme Obry. Le salon était fermé depuis le 14 mars. Du monde aussi pour les salons Biguine, fermés depuis la mi-mars. “Avec l’ouverture, nous avons eu beaucoup de travail, les gens étaient soulagés de revenir. Nous avons retrouvé des clients avec des cheveux très longs, ils nous ont attendus”. Maintenant Sophie Guattari appréhende les semaines à venir. Depuis la fermeture des écoles, les familles des quartiers aisés de Manhattan ont quitté la ville pour la campagne et ne semblent pas décidées à revenir tout de suite. A cela s’ajoute la mise en place du télétravail dans de nombreuses compagnies. “Si les écoles ne ré-ouvrent en physique qu’à la rentrée, voire l’année prochaine, les gens ne reviendront pas et cela nous touchera directement” explique Sophie Guattari.

Pour la suite, Jérôme Obry n’est pas trop inquiet. “Notre clientèle haut de gamme est au rendez-vous, et continuera à l’être. Maintenant je m’inquiète davantage pour les petits Barber Shop, installés les uns sur les autres, qui sont plus touchés par les règlementations sanitaires”. Par exemple, les salons doivent désormais respecter une distanciation de près de deux mètres entre chaque client. Le sérieux dans le respect de ces nouvelles règles est essentiel pour le maintien de l’ouverture des salons, comme l’explique Sophie Guattari. “Nous devons protéger nos clients, mais aussi notre équipe. Si l’un de nos employés venait à contracter le virus, nous devrions en informer les autorités ce qui entrainerait un traçage auprès des clients, puis une fermeture du salon pour désinfection. Nous voulons vraiment éviter ça”. Biguine fait remplir à ses employés et sa clientèle un formulaire certifiant de leur bon état de santé avant leur entrée dans le salon. “Les clients comprennent à quel point c’est difficile pour nous de travailler comme ça. Une dame vient d’appeler pour dire qu’elle avait oublié de laisser un pourboire à sa coiffeuse pour la remercier de sa prestation réalisée de manière sécurisée et avec tout l’attirail”.