Les Bonaparte aux Etats-Unis: un criminel et des bâtisseurs

A propos de l'auteur


Jacques Bodelle est l'auteur de Petite(s) Histoire(s) des Français d'Amérique

 

Chaque mois, il brossera dans French Morning le portrait d'une figure historique française aux Etats-Unis.


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Y aurait-il eu une mutuelle attraction entre les Etats-Unis et la famille du “Petit caporal”?  Bien des indices poussent à le croire.

Comment expliquer que la Florida State University, à Tallahassee, abrite un Institute on Napoleon and the French Revolution, qu’il existe une Napoleonic Historical Society,  un Mount Bonaparte et deux Lake Bonaparte, sans compter que l’Ohio et le North Dakota s’enorgueillissent tous deux d’une ville du nom de Napoléon. Et que dire de deux généraux de la guerre de Sécession, Napoleon Bonaparte Buford et Napoleon Bonaparte McLaughen ?

Même si Napoléon Bonaparte lui-même n’a jamais mis les pieds aux Etats-Unis – et qu’il caressa l’idée d’y fuir après son abdication en 1815 – nombreux sont les Bonaparte qui ont été suffisamment attirés ou séduits par les Etats-Unis pour, au moins, y avoir séjourné, sinon pour s’y être installés.

C’est Jérôme, le plus jeune des sept frères et sœurs de Napoléon, qui ouvre la série, et de belle façon puisqu’il se marie à Baltimore la veille de Noël 1803. Hélas, il n’a alors que 19 ans, pas encore l’âge de la majorité, et le grand frère chef de famille fait annuler le mariage. Sa jeune, éplorée et belle épouse, Elizabeth Patterson, “Betsy” pour les intimes, donnera naissance en Angleterre à leur fils, Jérôme Napoléon Bonaparte, dit “Bo”, tandis que Jérôme épousera en secondes noces Catherine de Würtemberg.

L’Histoire n’a guère retenu de “Bo” que deux choses, mais d’importance : un de ses fils, Charles Joseph Bonaparte, occupera deux des postes les plus importants de l’Administration américaine, Secretary of the Navy et US Attorney General, sous Theodore Roosevelt, et il est aussi connu pour avoir fondé le Bureau of Investigations, qui s’adjoindra plus tard l’adjectif Federal pour s’appeler FBI, rien que cela ! Et un autre, Jérôme Napoléon Bonaparte aussi (comment s’y reconnaître !), diplômé de West Point, servira un moment dans l’armée française, avant de rentrer aux Etats-Unis où il décèdera, dans le Massachusetts.  Il était “le colonel” .

Mais restons encore un peu avec la famille de Jérôme : il aura un fils avec Catherine de Würtemberg, Napoléon Joseph Charles Paul Bonaparte, dit Prince Napoléon, affublé du doux surnom de “Plon Plon”, qui passera lui aussi quelque temps aux Etats-Unis au début de la guerre de Sécession, comme observateur.

Joseph, le plus âgé de la fratrie,  prend la suite en débarquant en 1815 à New York, après avoir faussé compagnie aux Anglais et évité ainsi l’exil en Russie qui lui était promis. Le comte de Survilliers – son nom d’emprunt – sera assez astucieux pour respecter la plus grande neutralité politique, même s’il lui arrive de recevoir, fort bien, des personnalités connues comme Henry Clay, John Quincy Adams, Livingstone. Ou, du côté français, le banquier Stephen Girard, d’anciens généraux de Napoléon comme Simon Bernard, Grouchy, Vandamme, Clauzel, les frères Lallemand (exilés aux Etat-Unis après avoir été condamnés à mort par Louis XVIII pour avoir rejoint Napoléon après son évasion de l’Ile d’Elbe) et Lafayette en 1824, qui lui propose de remettre les Bonaparte sur le trône de France… ce que Joseph refuse de tenter.

L’argent ne lui manque pas vraiment, et une petite fortune en pierres précieuses, enterrées en Suisse et rapatriées  dans sa propriété de Point Breeze, dans le New Jersey, vient abonder son “patrimoine” de toiles de maîtres, qu’il sauvera d’ailleurs d’un incendie. En plus, comme il est affable, les amis ne lui manquent pas.

Quelques voyages, quelques cures, la gestion de son domaine lui font passer le temps, mais une de ses grandes préoccupations est de bien marier ses filles, au moins celles qui sont issues de son mariage avec la reine Julie, son épouse restée en Europe. Elizabeth Patterson avait bien essayé de “placer” son fils “Bo”, les partis étant attrayants, mais peine perdue: Zénaïde et Charlotte épouseront toutes deux d’autres Bonaparte et cousins germains – on “assure” ainsi l’avenir de la lignée ! Charlotte, avant d’aller se marier en Europe,  vivra de 1821 à 1824 à Point Breeze, maniant les pinceaux avec talent ; tandis que Zénaïde, qui taquine la harpe,  la remplacera à partir de 1823, avec  Charles Lucien,  son mari qui commence une remarquable carrière d’ornithologue… C’est lui qui baptise une tourterelle américaine du joli nom de son épouse, Zenaida (macroura, pour les savants !), et les sociétés savantes américaines l’accueillent avec enthousiasme.

Mais l’aventure américaine va bientôt se terminer : Zénaïde et son mari rentrent en Europe en 1824, et Joseph quittera définitivement l’Amérique sur l’Alexander, en juillet 1832.

Il y aura bien un autre Bonaparte qui effectuera un petit tour de quelques mois aux Etats-Unis en 1837, Louis Napoléon, le futur Napoléon III. Et puis encore un autre, Pierre Napoléon, une “tête brûlée”, impliqué dans un meurtre à New York,  qui y fera trois courts séjours.

Une question simple demeure : y a-t-il encore, suivant leur chemin aux Etats-Unis, des descendants de Bonaparte ? Si les petits-fils de Jérôme y avaient fait leur vie et porté le nom de Bonaparte, le seul arrière-petit-enfant qui y reviendra est Jérôme Napoléon Patterson Bonaparte, né en France. Il semble s’y être éteint vers 1943, sans postérité. Néanmoins, la réponse est sans doute positive, car Joseph, dans sa solitude, avait rencontré Annette Savage, qui lui donnera deux filles, dont la seconde, devenue Catherine Benton, aura elle-même deux fils et une abondante postérité.

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