L’Eglise s’intéresse aux Français de Brooklyn

Depuis cinq ans qu’il officie à la paroisse St Paul-St Agnès, le Père Robert Powers a vu les quartiers de Cobble Hill et Carroll Gardens changer. Les familles italo-américaines qui faisaient les belles heures des nombreuses églises catholiques du coin ont peu à peu cédé la place aux “bobos”, nettement moins assidus sur les bancs de l’église. Mais il a aussi vu, depuis quelques années, les familles françaises affluer, attirées notamment par les écoles francophones locales (PS58 et International School of Brooklyn). “J’ai eu à préparer quelques Français qui allaient se marier et je me suis dit qu’il fallait vraiment qu’on essaie de s’ouvrir à cette nouvelle communauté”.

Le 28 juin prochain, à 19h30, il organise donc dans l’église Saint Paul (190 Court Street) ce qui est de mémoire de brooklynite la “première messe en français de la paroisse“. Le Père Powers parle espagnol (il célèbre une messe en espagnol chaque dimanche), mais pas français. Il a donc fait appel au Père Paul Anel, de l’association Point- Coeur, l’association catholique installée à Brooklyn pour ce qui sera, dit-il, “un test de l’attente des Français du quartier” en la matière.

Quant on évoque avec lui le taux de pratique religieuse très faible des Français (4% vont à la messe chaque dimanche, 15% “régulièrement”), le Père Powers se veut modeste: “Si 4% des Français qui habitent à Brooklyn viennent à cette messe, je serai ravi!”. Au moment où la seule église catholique francophone de Manhattan, St Vincent de Paul lutte pour sa survie après la décision des autorités catholiques de la fermer, le Père Powers assure que son initiative est indépendante. “Ce n’est pas lié, d’autant qu’il s’agit d’un diocèse différent, celui de New York. Nous dépendons de celui de Brooklyn”.